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La liste des entreprises qui voulaient du "Blanc bleu belge"

An.H.

Mis en ligne le 16/06/2011

Le PTB a divulgué mercredi les noms des sociétés clientes d’Adecco.

On se souvient que la société d’intérim Adecco a été condamnée, le 3 juin dernier, par le tribunal de première instance de Bruxelles, à verser 25 000 euros, à titre de dommages et intérêts, à l’association française SOS Racisme pour pratiques illégales de discrimination à l’embauche. Il s’agit à ce jour de la plus lourde amende à payer par une entreprise à une association antiraciste en Europe. De leur côté, la FGTB et l’association interculturelle flamande Kifkif ont obtenu un euro symbolique. Adecco a décidé d’interjeter appel.

L’affaire avait démarré en 2001, quand un collaborateur d’Adecco avait transmis au Centre pour l’égalité des chances et la lutte contre le racisme des documents internes montrant que la société d’intérim se livrait à des pratiques discriminatoires à l’égard des candidats travailleurs d’origine étrangère. En clair : elle apposait le code "BBB" (pour "Blanc bleu belge", race bovine belge) à côté des postes pour lesquels certaines entreprises ne souhaitaient par recruter d’étrangers, en infraction avec la loi belge anti-discriminations.

Une instruction a été ouverte à Bruxelles. Fin 2009, soit après plus de 8 ans d’enquête, la chambre du conseil de Bruxelles décidait de ne pas renvoyer Adecco devant le tribunal correctionnel. Pour des raisons de procédure : l’instruction avait été menée en français, alors qu’elle aurait dû l’être en néerlandais, le siège social d’Adecco se situant en Flandre. SOS Racisme, la FGTB et Kifkif avaient alors introduit une action au civil, qui vient d’aboutir en première instance.

Au cours de perquisitions effectuées en 2001 au siège d’Adecco, une liste avait été saisie, reprenant les noms d’une centaine d’entreprises qui auraient signifié qu’elles ne souhaitaient pas d’intérimaires étrangers. Le Parti du travail de Belgique (PTB) révélait mercredi sur son site les noms des entreprises qui réclamaient des travailleurs BBB.

Parmi celles-ci, la société de vêtements Benetton, qui axe ses campagnes marketing sur la diversité ("United colors of Benneton"), cherchait, selon le document établi par Adecco, 4 vendeuses "full-time unilingue avec des notions de la 2ème langue. Jeune et dynamique" ; BBB est ajouté en gras. Plusieurs autres grandes sociétés figurent dans la liste : C&A, Delhaize, Godiva, Press Shop, ainsi que de nombreuses PME. Les exigences sont parfois plus précises : "BBB ou impeccable - pas de racaille" ou "BBB, super mignonne (style hôtesse de l’air)". Il ne manque que "blonde".

Au Centre pour l’égalité des chances, on reste prudent face à ce document : les entreprises sont-elles les donneuses d’ordre ou Adecco a-t-elle interprété leurs desiderata ? Et rien n’indique non plus que les sociétés concernées ont effectivement pratiqué des discriminations. Reste qu’en janvier 2009, les société reprises sur la liste ont reçu un courrier du Centre leur rappelant la loi interdisant les discriminations. Une manière de leur faire comprendre qu’elles sont dans le collimateur.

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