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La Flandre dénonce peu les refus d’emploi
Vincent Rocour
Mis en ligne le 25/06/2011
Le contrôle de la disponibilité des chômeurs aura déjà fait couler beaucoup d’encre en Belgique. Y compris sur le plan communautaire. On se rappelle encore des coups de gueule poussés par les partis flamands à l’encontre des autorités wallonnes en charge de l’emploi, qu’ils trouvaient trop laxistes. Etait mis en cause alors leur manque de volonté dans la transmission à l’Office national de l’emploi (Onem) d’informations relatives aux chômeurs peu coopérants ou peu actifs dans leur recherche d’un emploi. Avec quelques raisons d’ailleurs. Les statistiques montraient chaque année depuis la régionalisation de l’accompagnement des chômeurs des divergences flagrantes.
En 2004, le ministre fédéral de l’Emploi à l’époque, Frank Vandenbroucke (SP.A), décidait de prendre le taureau par les cornes. Il a travaillé sur deux axes. Un : il a amélioré les modes de transmissions des données par les services régionaux de l’emploi. Une procédure informatique était - laborieusement - mise en place. Deux : il a instauré un dispositif de contrôle de la disponibilité des chômeurs par l’Onem.
Le moins que l’on puisse dire, c’est que la réforme a porté ses fruits. Selon les chiffres livrés vendredi par la ministre fédérale Joëlle Milquet (CDH), le nombre total de sanctions prononcées à l’égard d’un chômeur a été multiplié par 3 en 10 ans. Il est passé de 34 284 en 2000 à 108 168 en 2010 (voir infographie ci-dessus). Où l’on voit très clairement une accélération dès 2005. Aujourd’hui, près d’un chômeur complet indemnisé sur 4 fait l’objet d’une sanction chaque année. " On ne peut dès lors pas dire que nous sommes laxistes, clame la ministre de l’Emploi. Ni même que l’allocation de chômage est octroyée sans limite dans le temps."
Ce qui a changé, aussi, c’est le comportement des autorités wallonnes. En 2003, les données transmises par le VDAB flamand ont conduit à 3 449 sanctions, alors que, côté wallon, on n’en dénombrait que 186. En 2010, le rapport s’est inversé. Le Forem wallon transmet désormais sans retenue le nom des demandeurs d’emploi qui ne respectent pas leurs obligations. Les transmissions d’informations à l’origine des institutions régionales wallonnes ont même conduit à davantage de sanctions (11 171) que celles provenant des autorités publiques flamandes (9 094).
La différence entre les deux s’explique principalement par le fait que le VDAB flamand transmet nettement moins de données sur les chômeurs refusant un emploi (222) que le Forem qui en a dénoncé 6 194 (infographie). Le laxisme aurait-il changé de camp ?
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