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Créer un fonds pour les fournitures scolaires
Laurent Gérard
Mis en ligne le 02/09/2011
Après la ministre de l’Enseignement, c’est au tour de la chef de file de l’opposition au Parlement de la Communauté française, Françoise Bertieaux (MR), de faire sa rentrée (scolaire) dans "La Libre". Avec un cheval de bataille, la réduction du coût de l’enseignement pour les familles. "Car l’école coûte cher , constate la libérale bruxelloise. On le sait depuis longtemps, mais rien ne change." C’est pourquoi le MR fait aujourd’hui trois propositions concrètes.
1Des chartes pour la rationalisation des achats. Il s’agit de contenir les frais et d’éviter les gaspillages. "La première chose à faire, c’est de vérifier que la liste de fournitures que l’on donne aux parents en juin correspond bien à ce qu’on utilise pendant l’année scolaire. On vous fait par exemple acheter de la gouache en pot, et puis l’instituteur exige de la gouache en tablette. L’accumulation de ce genre de bêtises coûte très cher, et inutilement. On s’aperçoit aussi que dans certaines écoles, au changement de cycles, on vous fait changer de marque de dictionnaire." Les réformateurs proposent dès lors que les écoles et les pouvoirs organisateurs (PO) se fixent des règles de rationalisation des achats de fournitures scolaires. "Mais comme nous sommes très soucieux de l’autonomie des écoles et de la liberté pédagogique, nous pensons que ce n’est pas la Communauté française qui doit réglementer cela. Il faut que les réseaux se donnent une charte et que les écoles y adhèrent." Ainsi, les parents pourront savoir, lorsqu’ils inscrivent leur enfant dans une école, que celle-ci adhère à une charte. Cela les prémunira de dépenses surprises. "On donne des labels "éco-responsables", on devrait donner aussi des labels "économiquement responsables". Je pense que c’est tout à fait réalisable dans l’enseignement primaire."
2La facturation de toute dépense demandée par l’école. Il s’agit ici de tous ces frais que l’on ne peut pas anticiper au début de l’année scolaire. "Très souvent , poursuit Françoise Bertieaux, les parents reçoivent une facture minimum avec les grands postes (abonnement, piscine, ), mais on demande ensuite trois euros dans le cartable pour ceci, deux euros pour cela. A la fin de l’année, on ne sait plus ce qu’on a payé et on ne sait pas comparer d’une école à une autre." Le MR va dès lors déposer une proposition de décret visant à imposer la facturation pour tous les frais. "Ainsi, on n’aura plus d’enfants transporteurs de fonds rackettés à la récré." Mais ne risque-t-on pas de charger (encore) la barque des directeurs avec un travail administratif supplémentaire ? "Non, rétorque la libérale, car ils sont déjà censés mentionner chaque euro qui rentre dans leur comptabilité. Et c’est le seul moyen de savoir vraiment ce que coûte une année scolaire." Le MR estime qu’en deux ans, la Communauté pourra comparer les écoles, réaliser l’audit des dépenses et voir sur quel type de dépenses il faut réglementer. "Pour le moment, on ne sait pas le faire. Et si on ne sait pas objectiver les frais, on ne pourra jamais les diminuer."
3La création d’un fonds des fournitures scolaires. Il a souvent été question que la Communauté instaure une allocation de rentrée, complémentaire à celle délivrée avec les allocations familiales. "Moi , assène Françoise Bertieaux, je dis non à cette allocation de rentrée, parce que ce petit supplément ne représenterait pas grand-chose, à peine 3 ou 5 euros par enfant. Par contre, avec un fonds des fournitures scolaires, sur le modèle du fonds qui existe pour les manuels scolaires, on pourrait faire quelque chose de significatif. On pourrait facilement doter ce fonds de 3 millions d’euros, qui seraient distribués aux PO du primaire, pour l’achat de fournitures scolaires (cahiers, crayons, compas, équerres, ), en leur laissant décider à qui et à quoi ils les consacrent. Par exemple, aux élèves les plus défavorisés de leur école, ou bien uniquement aux 1 ères primaires. Ils sont 50 000 élèves environ, en 1ère année. Cela ferait donc plus de 50 euros par élève." Et si l’on procède à des achats groupés, on pourra fournir un solide équipement. Mais d’où viendraient ces 3 millions ? "Rien qu’en supprimant des opérations de "com" chez Mme Simonet (promotion de l’enseignement technique et professionnel) et M. Antoine (promotion du sport sur les télés locales), j’ai plus de 3 millions pour équiper ce fonds. Et si je commence à gratter dans les autres opérations de "com", ce fonds, il devient royal."
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