Marre des approche s monolinguistiques et monoculturelles !

Il fallait être "maso" ou nourrir d'extrêmes convictions bruxelloises pour s'enfermer tout un samedi pendant une des plus belles journées de l'été [?] On est tenté par la seconde hypothèse face au sérieux des 300 personnes qui ont participé samedi à Saint-Louis à la 2 e Université d'été d'Aula Magna. Dans la salle, des militants urbains ou périurbains de tous bords et de tous horizons mais peu de mandataires politiques à l'exception de Christos Doulkeridis (Ecolo), certains ministres (Picqué et Cerexhe) étant présents par conseillers interposés. Dommage car à l'heure où l'avenir de Bruxelles se joue rue de la Loi, le monde politique surtout wallon ou flamand aurait pu se rendre compte que la mobilisation citoyenne bruxelloise n'était pas le fruit d'une mode mais une lame de fond en plein essor. Cela apparut clairement dans les débats sur le logement, l'enseignement et l'avenir démographique et dans la réflexion sur la remobilisation citoyenne où Alain Deneef avait réuni d'authentiques innovateurs - David Van Reybroeck et son G1000 - à côté de militants de toujours (l'ARAU), d'analystes comme Michel Hubert des "Brussels Studies" ou Philippe Van Parijs et des esprits inventifs comme Wim Embrechts qui font avancer la capitale sur le plan culturel. La qualité des débats, sans langue de bois et surtout au-delà des clivages belgo-belges surannés pour la Région-Capitale ne pouvait déboucher que sur de roboratives conclusions du P r Eric Corijn. Le monde politique ne peut plus ignorer la conclusion de l'étude du Crisp que le mouvement citoyen est désormais un acteur du devenir bruxellois. Pour M. Corijn, "le problème de Bruxelles vient surtout des perspectives nationalistes et communautaristes, de leurs querelles de compétences et de leur aversion pour la complexité des grandes villes". Et le professeur de la VUB de cibler "l'organisation des partis politiques et les médias qui, ramenant tout au linguistique, cachent les vraies réalités. Pire, ça bloque aussi une ré f orme de l'Etat intérieure et condamne à maintenir des formes de gouvernance irrationnelles, irresponsables, avec une région et deux Communautés, avec une ville et 18 communes, avec une multitude de tutelles, sans hiérarchie et sans projet commun" . Et de dire clairement "à nos concitoyens flamands et wallons" : "Vous n'êtes pas capables de concevoir la spécificité et la complexité du fait bruxellois avec vos lunettes monolinguistiques, monoculturelles et communautaristes !" Mais Eric Corijn interpelle aussi les élus bruxellois qui devraient représenter la population " à partir de la pleine réalité sociologique et non à partir de réductions imposées par la politique politicienne belge" . Car "Bruxelles est confronté à un nombre de problèmes comme les autres grandes villes d'Europe pour lesquelles une gouvernance spécifique s'impose. C'est en premier lieu une grande ville, une ville mondiale, très multiculturelle, très métissée et surtout très inégalitaire. Elle est spécifique en Belgique et peu de responsables politiques peuvent la penser à partir de leur expérience plutôt suburbaine et provincialiste. C'est parce qu'on nous interdit une gouvernance et des moyens d'une grande ville que les crises s'éternisent : celles du logement, de l'emploi, de l'enseignement que le défi démographique vont encore aggraver et auxquelles vont s'ajouter les crises de la mobilité ou de l'environnement. Alors de grâce, occupons-nous de ces questions. C'est cela les problèmes de société. Organisons les débats et les instances nécessaires à leur solution !" Pour un vrai projet de ville : "Le nouveau mouvement bruxellois exprime en premier lieu l'immense richesse, multiplicité et énergie de la société civile bruxelloise. Nous espérons que ce fait sociétal pourra être représenté dans les débats officiels et dans les institutions. Parce que c'est à ça que sert la démocratie." Et de se demander "quand la voix spécifique de Bruxelles sera portée dans le débat belge pour en faire un débat triangulaire"

Christian Laporte

Il fallait être "maso" ou nourrir d'extrêmes convictions bruxelloises pour s'enfermer tout un samedi pendant une des plus belles journées de l'été [?] On est tenté par la seconde hypothèse face au sérieux des 300 personnes qui ont participé samedi à Saint-Louis à la 2 e Université d'été d'Aula Magna. Dans la salle, des militants urbains ou périurbains de tous bords et de tous horizons mais peu de mandataires politiques à l'exception de Christos Doulkeridis (Ecolo), certains ministres (Picqué et Cerexhe) étant présents par conseillers interposés. Dommage car à l'heure où l'avenir de Bruxelles se joue rue de la Loi, le monde politique surtout wallon ou flamand aurait pu se rendre compte que la mobilisation citoyenne bruxelloise n'était pas le fruit d'une mode mais une lame de fond en plein essor. Cela apparut clairement dans les débats sur le logement, l'enseignement et l'avenir démographique et dans la réflexion sur la remobilisation citoyenne où Alain Deneef avait réuni d'authentiques innovateurs - David Van Reybroeck et son G1000 - à côté de militants de toujours (l'ARAU), d'analystes comme Michel Hubert des "Brussels Studies" ou Philippe Van Parijs et des esprits inventifs comme Wim Embrechts qui font avancer la capitale sur le plan culturel. La qualité des débats, sans langue de bois et surtout au-delà des clivages belgo-belges surannés pour la Région-Capitale ne pouvait déboucher que sur de roboratives conclusions du P r Eric Corijn. Le monde politique ne peut plus ignorer la conclusion de l'étude du Crisp que le mouvement citoyen est désormais un acteur du devenir bruxellois. Pour M. Corijn, "le problème de Bruxelles vient surtout des perspectives nationalistes et communautaristes, de leurs querelles de compétences et de leur aversion pour la complexité des grandes villes". Et le professeur de la VUB de cibler "l'organisation des partis politiques et les médias qui, ramenant tout au linguistique, cachent les vraies réalités. Pire, ça bloque aussi une ré f orme de l'Etat intérieure et condamne à maintenir des formes de gouvernance irrationnelles, irresponsables, avec une région et deux Communautés, avec une ville et 18 communes, avec une multitude de tutelles, sans hiérarchie et sans projet commun" . Et de dire clairement "à nos concitoyens flamands et wallons" : "Vous n'êtes pas capables de concevoir la spécificité et la complexité du fait bruxellois avec vos lunettes monolinguistiques, monoculturelles et communautaristes !" Mais Eric Corijn interpelle aussi les élus bruxellois qui devraient représenter la population " à partir de la pleine réalité sociologique et non à partir de réductions imposées par la politique politicienne belge" . Car "Bruxelles est confronté à un nombre de problèmes comme les autres grandes villes d'Europe pour lesquelles une gouvernance spécifique s'impose. C'est en premier lieu une grande ville, une ville mondiale, très multiculturelle, très métissée et surtout très inégalitaire. Elle est spécifique en Belgique et peu de responsables politiques peuvent la penser à partir de leur expérience plutôt suburbaine et provincialiste. C'est parce qu'on nous interdit une gouvernance et des moyens d'une grande ville que les crises s'éternisent : celles du logement, de l'emploi, de l'enseignement que le défi démographique vont encore aggraver et auxquelles vont s'ajouter les crises de la mobilité ou de l'environnement. Alors de grâce, occupons-nous de ces questions. C'est cela les problèmes de société. Organisons les débats et les instances nécessaires à leur solution !" Pour un vrai projet de ville : "Le nouveau mouvement bruxellois exprime en premier lieu l'immense richesse, multiplicité et énergie de la société civile bruxelloise. Nous espérons que ce fait sociétal pourra être représenté dans les débats officiels et dans les institutions. Parce que c'est à ça que sert la démocratie." Et de se demander "quand la voix spécifique de Bruxelles sera portée dans le débat belge pour en faire un débat triangulaire"

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