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Accompagnement des chômeurs: déjà 130.000 suivis individuels
Paul Piret
Mis en ligne le 07/09/2011
A la demande du ministre wallon de l’Emploi, André Antoine (CDH), le Forem vient de produire une étude sur l’avancement au 30 juin de la mise en œuvre du nouveau processus d’accompagnement individualisé des demandeurs d’emploi. Quelque risque de plaidoyer pro domo n’entame ni le besoin ni l’intérêt de faire un premier point sur ce qui passe pour une (r)évolution d’envergure des métiers de l’organisme.
1Le dispositif. L’accompagnement personnalisé est sur rails depuis janvier 2010; un décret va sous peu formaliser davantage le dispositif après les premières expérimentations. Il s’agit que le même conseiller accompagne le demandeur en tant qu’individu unique, en fonction de son profil et de ses besoins propres. "Pour la première fois depuis sa création, nous avons donné un visage au Forem", se félicite le ministre. Pratiquement, on pose rapidement un diagnostic; on établit un plan d’action (emploi, formations, insertion, transferts vers des opérateurs tiers ); on suit l’exécution du plan. Trois catégories de demandeurs sont concernées, sur une base de 12 mois (après quoi le suivi doit perdre en intensité) : les moins de 25 ans à la sortie de leurs études; les autres demandeurs d’emploi trois mois après leur inscription; des demandeurs concernés par un suivi négatif de l’Onem. Les conseillers référents sont 679 aujourd’hui, soit 563 équivalents temps plein, alors que l’objectif est de 617 ETP. La plupart ont été reconvertis en interne au Forem sur une base volontaire; s’ajoute une part de recrutements à masse salariale toutefois constante. Si on a parlé de lenteurs au démarrage, il ne faut pas sous-estimer l’ampleur des changements pour le personnel et ses besoins en formation.
2Des éléments quantitatifs. Les trois catégories susdites pèsent un potentiel de 212 000 personnes. A ce jour, près de 130 000 bénéficient ou ont bénéficié du dispositif. La note du Forem fait en effet état de 85 000 nouveaux accompagnements en 2010 (non compris l’intégration d’accompagnements déjà entamés aux enseignes de "Jobtonic" pour les jeunes et des cellules de reconversion) et de 43 000 nouveaux accompagnements au premier semestre 2011. Quant aux plans d’action conclus entre demandeurs et conseillers, on les recense à 69 928 en 2010 et 39 440 au premier semestre 2011. Le décalage entre les nombres de suivis et de plans s’explique par celui qui peut exister entre la prise en charge et la conclusion des contrats. Quant à extrapoler sur 2011 par rapport à 2010, la note du Forem explique que la comparaison entre les deux exercices "est impossible" pour des raisons techniques. Enfin, le nombre moyen de prestations relatives au dispositif dans le chef des conseillers a grossi entre 2010 et les six premiers mois de 2011, de 4,9 à 6,2 par demandeur d’emploi.
3Des éléments qualitatifs. Plus d’un conseiller sur trois (246 précisément) a été interrogé sur sa perception du dispositif. Pour 80 % d’entre eux, il représente une évolution positive de l’offre de services du Forem. Une majorité estime que la taille de leur "portefeuille" actuel de demandeurs (une moyenne de 181) "est gérable", de sorte qu’elle pourrait augmenter (à quelque 200 ?). Comme points forts, ils citent : l’interlocuteur unique pour le demandeur, le suivi de la relation avec lui, sa meilleure connaissance. Quant aux points faibles : la lourdeur administrative, les difficultés liées aux publics (éloignement de l’emploi, motivation ), le système informatique (pour les développements duquel le ministre Antoine va dégager 2 mil-lions d’euros de son budget en 2011). Des demandeurs ont aussi été testés, en proportion moindre (600). Leur cote moyenne est de 7,7 sur 10 et pas moins de 84 % d’entre eux recommanderaient l’accompagnement individualisé à un proche dans la même situation. Cela dit, le caractère mobilisateur paraît inégal selon les profils, plus avéré pour les niveaux de qualification intermédiaires qu’aux extrémités de l’échelle des diplômes. Par ailleurs, la perception varie selon les directions régionales. Enfin, lit-on encore dans la note du Forem, "si les demandeurs d’emploi sont très satisfaits du contenu des services et de la façon dont le Forem les délivre, certains doutent de leurs effets sur une remise à l’emploi, qui dépend selon eux de bien d’autres choses que de la bonne volonté du Forem uniquement" Inévitable ? On touche là à une tout autre évaluation, celle qui pourrait jauger l’impact des mesures sur l’obtention d’un emploi ! Certes, les derniers chiffres du chômage et de l’emploi en Wallonie sont plutôt positifs, mais comment identifier le mérite qui en reviendrait au dispositif ? Toujours est-il que M. Antoine tire parti de cet état des lieux de l’accompagnement pour en constater et prédire "la montée en puissance".
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