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Le plan win-win, vice ou vertu ?

V.R.

Mis en ligne le 14/09/2011

Aujourd’hui, 2,8 % de l’emploi salarié relève d’une mesure d’activation.

Tous gagnants avec le plan win-win ? Cette question, l’Institut pour un développement durable se l’est posée. Une question iconoclaste alors que le dispositif arrive tout doucement à son terme et que son renouvellement éventuel doit être discuté.

Faut-il rappeler que le plan win-win prévoit de fortes baisses de cotisation sociale pour l’engagement de travailleurs de moins de 25 ans, de travailleurs plus de 50 ans ou de chômeurs de longue durée ? La ministre fédérale de l’Emploi Joëlle Milquet (CDH) ne manque jamais d’en vanter les mérites. C’est que, pour elle, ce plan, limité pour l’heure à l’année 2010 et 2011, a permis à la Belgique de maintenir son taux d’emploi à un niveau acceptable malgré les dégâts provoqués par la crise économique.

L’Institut pour un développement durable ne conteste pas que le plan win-win a permis la création de dizaine de milliers d’emplois. Au contraire même. Selon l’étude qu’il vient de lui consacrer, le plan win-win a véritablement dopé le nombre d’emplois subsidiés. En 2009, la Belgique comptait 61 000 travailleurs "activés". Deux ans plus tard, ils sont 104 000. Aujourd’hui, 2,8 % des emplois dans le secteur privé sont "activés" contre seulement 1,2 % en 2005. Trois nouveaux emplois sur quatre font l’objet d’une baisse de charges sociales. C’est dire l’importance que le dispositif a prise.

L’étude de l’Institut pour un développement durable montre par ailleurs que le plan win-win a changé le profil des bénéficiaires des mesures d’activation. Avant 2009, une majorité des emplois "activés" étaient occupés par des femmes (60 %). Ce n’est plus le cas : elles ne sont plus que 49 %. De façon générale, les jeunes et les quinquas ont profité à plein régime de la mesure.

Philippe Defeyt, l’auteur de l’étude et par ailleurs président Ecolo du CPAS de Namur, laisse aussi sous-entendre que des entreprises ont utilisé le système alors qu’elles devaient de toute façon embaucher des travailleurs et que dès lors la dépense de l’Etat s’avère peu utile. Un indice ? Le fait qu’au premier trimestre 2011, le nombre d’emplois créés hors activation a augmenté de seulement 0,3 % alors que le PIB a cru de 2,5 %.

Au cabinet de la ministre Milquet, on ne nie pas que certaines entreprises ont pu profiter du plan win-win alors qu’elles auraient de toute façon engagé des travailleurs. " Mais , réplique-t-on, elles n’auraient sans doute pas engagé ceux qu’elles ont engagés grâce à lui, à savoir des jeunes peu scolarisés ou des travailleurs âgés qui risquaient alors de s’enliser dans le chômage structurel ."

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