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Moins d’élèves par enseignant

L. G.

Mis en ligne le 27/10/2011

La taille des classes va être revue à la baisse, mais les syndicats en veulent plus.

Faites monter la pression. Le front commun syndical a fait savoir, mercredi, qu’il n’était pas encore rassasié. Après avoir informé et écouté ses militants, mercredi, à Bruxelles, les représentants enseignants ont répété qu’ils attendaient encore des gestes du gouvernement de la Communauté française. "Ce n’est pas l’enthousiasme , témoigne Eugène Ernst (CSC). La question a même été posée de savoir s’il fallait rester à table".

La table dont il est question, c’est celle qui réunit gouvernement, syndicats et représentants des pouvoirs organisateurs (PO) et est chargée de plancher sur une diminution du nombre d’élèves par classe. Un chantier ouvert, comme quatre autres (statuts, carrière, échec scolaire, titres et fonctions) à la suite de la colère exprimée par les enseignants, dans les rues de Liège, le 5 mai dernier. Ce chantier de réduction de la taille des classes avance relativement bien. Ses échéances sont connues : la négociation doit aboutir d’ici fin novembre, pour une entrée en vigueur à la rentrée 2012. Le cadre budgétaire est connu lui aussi : l’Exécutif francophone a dégagé à cet effet une enveloppe de 4,6 millions d’euros. Une somme importante, surtout en cette période de disette, mais pas élastique : on ne pourra pas faire de miracle. Les syndicats en sont conscients, mais ils insistent : "Permettre des classes de 34 élèves au 3 e degré du secondaire général, comme le propose la ministre, c’est intolérable", dit Eugène Ernst. Mais quelle est la proposition déposée par Marie-Dominique Simonet (CDH), au juste ?

1° En maternelle : pas de limites claires du nombre d’élèves. Mais la ministre rappelle qu’elle engagera des psychomotriciennes et envisage de consacrer une partie des 4,6 millions à l’augmentation du nombre de puéricultrices.

2° En primaire : il s’agit, comme c’est le cas au 1er degré, de fixer aux 2e et 3e degrés un ratio par instituteur. On en serait dès lors à 20 élèves en P1-P2 et à 24 de P3 à P6. Mais ces ratios seraient doublés d’un maximum par classe égal au ratio augmenté de 20%. C’est-à-dire qu’un instit de P1, par exemple, aura la garantie de ne jamais avoir face à lui plus de 24 élèves. Une manière de limiter la liberté laissée jusqu’ici aux PO dans l’organisation des classes. Des dérogations permettront toutefois de dépasser ces plafonds : dans une zone en forte croissance démographique ; quand le nombre de locaux ne permet pas de s’organiser autrement ; etc.

3° En secondaire : la proposition est de maintenir le plafond de 24 élèves par classe au 1er degré (et de 15 et 18 en 1ère et 2e différenciées). Pour les 2e et 3e degrés, les maxima à ne pas dépasser seront revus à la baisse, mais il s’agira toujours de moyennes calculées par année. Ce qui permet aux PO de créer une classe plus petite et une autre plus grande, tant que la moyenne est respectée. Cette souplesse sera toutefois régulée par l’instauration d’un maximum à ne pas dépasser, équivalent à la moyenne augmentée de 20%. Concrètement, cela donne ceci. Au 2e degré général : 25 élèves par classe en moyenne (pour 27 actuellement) avec un maximum à ne pas dépasser égal à 30. Au 3e degré général : 28 en moyenne (contre 30 aujourd’hui), avec un maximum de 34. Au 2e et 3e degrés technique de transition (TT) et de qualification (TQ), c’est 25 en moyenne. Et en professionnel, 18,5 au 2e degré et 22 au 3e degré. Des plafonds qui, comme c’est le cas aujourd’hui, diminuent nettement lorsqu’il s’agit de cours pratiques ou de labos. A noter que, comme en primaire, des dérogations sont possibles.

Mais ces propositions sont donc jugées "insuffisantes" par les syndicats. Le front commun a décidé, hier après-midi, de malgré tout poursuivre sa participation aux cinq groupes de travail. "Au moins pour tester la bonne volonté du gouvernement sur la taille des classes, domaine dans lequel il s’est le plus engagé, explique Pascal Chardome (CGSP). Mais nous allons lui demander un effort supplémentaire". "Nous avons peur que les plafonds proposés deviennent la norme", ajoute Marc Willame (syndicat Appel).

Mais le cabinet Simonet répète que l’objectif est de diminuer le nombre d’élèves. Même si des classes de 34 seront toujours possibles (mais plus de 38), les moyennes seront revues à la baisse : "Il s’agit bel et bien d’une diminution" . Et de laisser encore une porte ouverte : ces chiffres ne sont pas définitifs. "Cela peut encore bouger. La seule limite est budgétaire." Car ce sont ces 4,6 millions qui permettront de mettre de l’huile dans les rouages, en finançant des réductions de taille mais aussi des exceptions aux nouvelles règles. Dans le but, par exemple, de maintenir ouvertes des filières peu suivies, comme celles qui mènent à certains métiers en pénurie.

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