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Patrimoine et droits humains
Christian Laporte
Mis en ligne le 04/11/2011
Depuis jeudi et jusqu’à samedi, Bruxelles accueille la branche européenne de la "Coalition des Sites de Conscience", un réseau mondial de lieux de mémoires qui a son siège à New York. Il se situe au croisement de la défense des Droits de l’Homme et de la sauvegarde du patrimoine culturel. Notre compatriote Jean-Louis Luxen siège dans son "Board" ayant auparavant été le secrétaire général de l’ICOMOS, une organisation non-gouvernementale qui oeuvre à la conservation des monuments et des sites historiques dans le monde. Il recadre pour "La Libre" l’importance de la rencontre bruxelloise.
Vous êtes dans l’exécutif de la “Coalition des sites de conscience”. De quoi s’agit-il ?
C’est un réseau mondial de lieux de mémoire. L’initiative est partie des Etats-Unis, il y a une dizaine d’années, et a son siège à New York, pas loin des Nations unies. Dans des lieux qui ont connu des atteintes aux Droits de l’homme, la démarche consiste à porter témoignage, en établissant une relation avec des situations contemporaines pour tirer des leçons et chercher à promouvoir une culture de tolérance et de réconciliation. Aux sites d’immigration ou d’assimilation forcée des Amérindiens, se sont joints des lieux de détention en Argentine ou au Chili, au temps des dictatures militaires, puis des prisons du goulag soviétique et des centres "vérité et réconciliation" en Afrique du Sud. La Coalition compte aujourd’hui une trentaine de sites agréés et quelque deux cents sites adhérents.
Concilier la défense des Droits de l’homme et des lieux de mémoire est-ce possible ?
Souvent ces sites ont une dimension patrimoniale qu’il convient de préserver. Il faut aussi avoir recours aux techniques de la muséologie pour une présentation publique. Sur le fond, le concept croise la défense des Droits de l’homme et de la démocratie, avec la conservation et la promotion d’un patrimoine culturel particulier. En janvier, une réunion se tient au Maroc pour implanter la Coalition en Afrique du Nord et au Proche-Orient, par référence autant au passé colonial qu’aux situations dictatoriales récentes.
De quoi parlez-vous ces jours-ci à Bruxelles. Quel est votre agenda ?
Le réseau fonctionne sur une base régionale : Amérique du Nord, du Sud, Asie, Afrique. C’est la régionale Europe qui tient sa deuxième assemblée. L’objectif est de resserrer les liens, de comparer les méthodes mises en œuvre dans les différents "sites de conscience" et de mettre au point des programmes de formation. Les contacts avec la Commission européenne devraient aussi permettre une implication de sa part qui, jusqu’à présent, est essentiellement centrée autour des évènements de la Deuxième Guerre mondiale.
Il y a aussi des lieux de mémoire autour de l’immigration. Le Bois du Cazier, par exemple…
Les questions liées à l’immigration s’imposent dans l’actualité européenne. Le Bois du Cazier s’implique résolument dans la "Coalition", mettant aussi en lumière les questions sociales et la sécurité des lieux de travail. Partout dans le monde, les problèmes posés par l’immigration, les déplacements de population et les atteintes à la démocratie ont une longue histoire, Ils appellent une mobilisation constante.
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