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FGTB: "L’austérité, c’est le problème"
V.R.
Mis en ligne le 16/11/2011
Les responsables des syndicats se sont échauffé la voix devant 6 000 militants. Ils confirment la manifestation du 2/12. Elio Di Rupo sous pression.
Drôle de coïncidence. Ce mardi 15 novembre, alors que les syndicats belges tenaient un grand meeting dans le vaste palais 12 du Heysel pour mettre la pression sur la négociation politique en cours, au même moment, à quelques mètres de là, dans les palais 1 et 3, le salon Zénith réservé aux seniors ouvrait ses portes et accueillait ses premiers visiteurs. Drôle de coïncidence en effet parce que, ici comme là, les 50 ans et plus ont focalisé les attentions. Combien de fois, au cours du meeting, n’a-t-on en effet pas entendu les leaders syndicaux répéter qu’ils refuseront de voir l’accès aux prépensions rendu à nouveau plus difficile... Leur vindicte a tourné en boucle durant toute la matinée.
Anne Demelenne, la secrétaire générale de la FGTB (syndicat socialiste), et Marc Leemans, le futur président de la CSC (syndicat chrétien), ont ouvert le feu des critiques. "La droite veut revoir notre indexation des salaires et supprimer des moyens pour la santé des citoyens, les services publics qui, selon elle, doivent être davantage privatisés, s’est indignée la première. Il faut les arrêter dans leur délire, ils sont devenus fous. L’austérité n’est pas la solution. Elle devient le problème."
Le second n’a pas été en reste. "Nous sommes venus dire non à M. Di Rupo, a clamé Marc Leemans. Nous sommes venus dire non aux personnes qui négocient la formation du nouveau gouvernement. Nous sommes venus leur dire qu’ils ne sont pas sur la bonne voie. Qu’ils se trompent de cible."
Le no 2 de la CSC, Claude Rolin, ne disait pas autre chose. "En 2009, la dette de la Grèce était de 127 % du PIB, a-t-il fait remarquer. En 2013, après de multiples plans d’austérité qui ont plongé les travailleurs et les allocataires sociaux grecs dans la misère, elle sera de 186 %. Non. L’austérité n’est pas la solution."
Jan Vercamst, le président de la CGSLB (syndicat libéral), a enchaîné. "La chancelière Merkel serait bien inspirée de se pencher sur notre mécanisme d’indexation, a-t-il dit. Seulement, Mme Merkel préfère imposer des efforts aux autres que de regarder ce qui ne va pas en Allemagne. Regarder l’explosion du nombre de pauvres dans son pays. C’est ça le modèle que l’on veut nous faire suivre ?"
Des délégués de base - mais manifestement triés sur le volet - ont également pris la parole. Chacun a pu expliquer ce qu’il vivait au quotidien, dans leur entreprise en restructuration ou dans leur statut précaire. "Aujourd’hui, lâchait ce délégué de la SNCB désabusé, l’utopie, ce n’est de plus croire en un avenir meilleur, c’est de rêver à un retour au passé. C’est terrifiant."
L’idée qui prédomine dans les rangs syndicaux, c’est que les travailleurs et les allocataires sociaux ne doivent pas payer la crise, parce qu’ils n’en sont pas les responsables et qu’ils en sont même plutôt les victimes. Les 11,3 milliards nécessaires pour rééquilibrer les comptes de l’Etat, c’est dès lors auprès des banques et des spéculateurs qu’il faut aller les chercher. Auprès des entreprises aussi, en tout cas auprès de certaines d’entre elles. Le cas d’ArcelorMittal, qui, grâce au mécanisme des intérêts notionnels, n’a pratiquement pas payé d’impôts, malgré un bénéfice de 1,4 milliard d’euros, a souvent servi d’exemple. La lutte contre la fraude fiscale doit être intensifiée. "A l’administration des Finances, a ironisé Rudy De Leeuw, le président de la FGTB, les fonctionnaires, ce n’est pas le problème, c’est la solution. Le problème, aux Finances, c’est Didier Reynders."
Ces mâles propos, prononcés devant 6 000 personnes, seront suivis par des actes. Les trois syndicats ont convié leurs militants à une grande manifestation le 2 décembre. Dans la salle, certains réclamaient déjà une grève générale. Cette éventualité a seulement été évoquée sur scène. Mais elle pourrait se concrétiser à l’issue de la manifestation du 2 décembre si le cours de la négociation prend une tournure qui ne plaît pas aux syndicats.
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