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Paramédical : les Français dopent les inscriptions
Laurent Gérard
Mis en ligne le 23/11/2011
La voie est à nouveau libre pour les étudiants français. Les quotas dont ils faisaient l’objet dans une série de filières paramédicales ont en effet sauté en vue de l’année académique 2011-2012. On savait déjà que les Français ne s’étaient pas fait prier pour saisir cette opportunité de revenir étudier en Belgique et de contourner ainsi les concours placés à l’entrée des mêmes filières dans leur pays (LLB du 27/09/11). Désormais, on connaît l’ampleur réelle du phénomène, le ministre de l’Enseignement supérieur ayant communiqué, mardi, au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, les chiffres des inscriptions dans les filières concernées.
Pour rappel, en 2007, la Communauté française avait instauré, dans certaines filières, un plafond de 30 % d’étudiants non domiciliés en Belgique. Mais ce décret "non-résidents", qui limite donc la libre circulation des étudiants au sein de l’Union européenne, a été jugé non fondé par la Cour constitutionnelle belge. Non pas pour les études de médecine vétérinaire et de kinésithérapie, pour lesquelles la Communauté a pu démontrer le risque que la présence massive d’étudiants français (qui retournent ensuite exercer dans leur pays) faisait peser sur la santé publique, mais bien pour les six autres filières concernées par le décret : logopédie, ergothérapie, podologie, audiologie, sage-femme et éducateur spécialisé. Dans ces six filières, le ministre Marcourt (PS) a donc levé les quotas, par une circulaire de juin dernier. Et la fréquentation s’en est ressentie.
Entre les rentrées 2010 et 2011, le nombre d’étudiants (résidents et non-résidents confondus) inscrits en première année est passé de 3 314 à 4 066, soit une augmentation globale de 22,7 %. Le nombre d’étudiants non résidents n’ayant pas été communiqué, on ne peut affirmer que la croissance des inscriptions est uniquement due à l’afflux des Français (une filière peut connaître un succès soudain), mais les témoignages recueillis auprès des Hautes Ecoles (HE) ne laissent pas de doute quant à l’impact de la levée des quotas.
Les 752 étudiants supplémentaires se répartissent comme suit : 420 en logopédie (où l’augmentation est de 63,4 %); 123 chez les éducateurs spécialisés (+7,8 %); 101 en ergothérapie (+23 %); 45 en podologie (+145 %); 44 chez les sages-femmes (+9 %) et 19 en audiologie (+44,2 %).
La situation varie cependant d’une Haute Ecole à une autre. Certains établissements connaissent une stabilisation du nombre d’étudiants, voire une légère diminution. D’autres, au contraire, voient leurs effectifs grimper en flèche. C’est notamment le cas de la HE Robert Schuman, à Libramont (+ 131) ou la HE de la Ville de Liège (+ 300). La plupart connaît une augmentation relativement modérée, d’une dizaine de pour cent, comme le relève Jean-Claude Marcourt.
Cette dernière remarque explique pourquoi l’aide financière exceptionnelle un temps imaginée pour les HE faisant face à un soudain afflux d’étudiants (1) ne sera finalement pas débloquée par le gouvernement. Il n’aurait pas fallu, explique-t-on au cabinet Marcourt, qu’elle apparaisse comme une prime aux institutions ayant ouvert largement les vannes, alors que d’autres anticipaient la levée des quotas et se montraient plus rigoureuses face aux demandes d’inscription.
(1) La dotation des HE étant revue tous les trois ans, celle de cette année a été calculée à l’époque des quotas, quand le nombre d’étudiants était moins élevé.
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