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Syndicats échaudés

P. P.

Mis en ligne le 28/11/2011

Nous ne devrons même pas appeler nos affiliés à venir manifester vendredi, le 2 décembre. L’agitation sociale est inévitable", indiquaient dimanche, sans (encore) parler de grève nationale la semaine suivante, les présidents de la CSC et de la FGTB, Leemans et De Leeuw. Evoquant à tour de bras des efforts inégalement répartis, des effets insuffisants sur la croissance, un budget réalisé sous la pression des marchés.

Les francophones n’étaient évidemment pas en reste. "Socialement injuste, nettement insuffisant", selon Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB. "On a trop pris chez les gens qui ont le moins de moyens et pas assez chez ceux qui ont le plus de moyens", juge son homologue CSC, Claude Rolin. "Le plus inacceptable", renchérit pour la FGTB wallonne Thierry Bodson, "c’est que pour tout ce qui concerne les revenus des petites gens, les choses sont déjà faites, tandis que la discussion continue pour les revenus plus élevés. L’augmentation des recettes ? Ce dont on discute est cosmétique. Et les intérêts notionnels, on va juste les plafonner". Enfin, à la CGSLB, la plus prompte à réagir, on dénonce : "Les travailleurs et allocataires paieront la note".

"En face", Rudi Thomaes (FEB) conteste : "à nos mandataires aussi", indique-t-il, "nous aurons des difficultés à expliquer que, nonobstant le niveau élevé de la taxation actuelle, ils vont encore payer pour les stock-options, les voitures de société" Et puis, où les négociateurs auraient-ils touché au pouvoir d’achat des travailleurs ? Quant à la manif du 2 et ses suites éventuelles, attention : "Il serait particulièrement négatif pour la Belgique de voir la crise politique se transformer en agitation sociale". Son homologue d’Unizo, les classes moyennes flamandes, Karel Van Eetvelt, n’en pense pas moins : "Les employeurs ont eux aussi du mal à accepter certaines mesures, mais ils réagissent en travaillant davantage. Et que font les travailleurs ? Ils manifestent et font grève". Au Voka, le grand patronat flamand, on appelle à l’annulation de la manif de vendredi.

Bon. Elio Di Rupo, quand on l’interroge, dit "comprendre parfaitement les difficultés" entendues. Mais, poursuit le formateur PS, "si on n’ose pas prendre des mesures difficiles, nous laisserons le pays aller à vau-l’eau". Comment apaiser les syndicats ? "Il est essentiel de travailler tous ensemble".

Un Eric Van Rompuy, le député flamand CD&V et "frère de", amène une conclusion toute provisoire : "Quand j’entends les partenaires sociaux critiquer durement tout ce qui a trait à la répartition des efforts, heureusement qu’on aura les politiques, un Parlement, pour décider !"

En attendant, patrons et syndicats ne sont pas près de prendre des vacances ensemble. Autre extrait du "Mise au point" (RTBF) de dimanche midi Anne Demelenne : "La quasi-totalité des recettes fiscales repose en Belgique sur le précompte professionnel et la TVA. L’impôt des sociétés ne fait que 13 % et les revenus mobiliers, 3. C’est particulièrement injuste alors qu’aux entreprises, on fait des cadeaux". Rudi Thomaes : "Donnez toute l’information. L’IPP est un montant gigantesque, mais 10 % des gens en paient environ la moitié". Demelenne : "C’est faux". Thomaes : "Et c’est ce groupe qui est touché davantage".

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