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La délation officielle à Grimbergen

Christian Laporte

Mis en ligne le 10/12/2011

La liberté commerciale en voie de restriction suscite des réactions très négatives.

Ce n’est pas parce qu’un accord a été trouvé sur B-H-V qu’ipso facto tous les élus flamands de la périphérie sont frappés par la grâce du dialogue et font désormais montre d’une excessive courtoisie linguistique ! A onze mois des élections communales, certains élus (re) jouent du registre communautaro-linguistique, espérant capter quelques voix à la N-VA. Ainsi la "burgemeester" de Grimbergen, la CD&V Marleen Mertens a donné sa bénédiction à un "point de contact pour plaintes linguistiques" afin de maintenir le caractère flamand de la périphérie. Elle invite ainsi les citoyens de Grimbergen qui auraient vu une inscription en français ou entendu parler une autre langue que le néerlandais à le signaler à ce point de contact. Dans un tel cas, la commune écrira au commerçant pour lui rappeler que Grimbergen se situe en Flandre. Il devra formellement s’abstenir de toute publicité multilingue. Même au restaurant où les menus bilingues ou trilingues seront proscrits !

L’initiative commence à susciter des réactions économico-sociales et politiques. Ainsi, le Syndicat neutre pour indépendants (SNI) dit comprendre le souhait des communes de la périphérie flamande de conserver leur caractère flamand mais la mesure de Grimbergen est scandaleuse. "Les commerçants doivent surtout vendre et ils le font en offrant un service de haute qualité à tous leurs clients, dit le SNI. L’administration communale de Grimbergen semble oublier que les commerçants vivent de leurs clients. Le multilinguisme est en outre un atout pour un entrepreneur", s’exclame sa présidente Christine Mattheeuws.

Sur le plan politique, l’eurodéputé MR Frédérique Ries a écrit au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, pour dénoncer une "atteinte aux libertés fondamentales et à la dignité humaine". Selon l’ex-journaliste, la démarche des autorités de Grimbergen "contrevient à la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne" et à la Constitution belge, qui stipule que l’emploi des langues est libre et qu’il ne "peut être réglé que par la loi et seulement pour les actes de l’autorité publique et pour les affaires judiciaires". Et de lui demander "en tant que gardien du Traité, d’analyser cette politique communale inacceptable". Avant de conclure qu’une absence de réaction de l’exécutif européen serait un "fâcheux précédent".

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