La Libre.be > Actu > Belgique > Article
- Attentat à Liège : le tueur était "assez inquiet" à l'idée de retourner en prison
- Attentat Liège: un corps retrouvé au domicile du tireur
- Attentat: une vidéo amateur tournée dans les rues de Liège
- Conférence de presse du Procureur du roi de Liège, Danièle Reynders
- La fusillade de Liège décrite par un témoin de la scène
- Le Roi et la Reine arrivent à Liège après le drame
- Les images du drame à Liège
Attentat à Liège : "J’ai croisé son regard"
Jacques Laruelle
Mis en ligne le 14/12/2011
Au départ, personne ne bronche. Après, il y a un court silence. Et puis, c’est la panique, raconte un témoin.
Il est un des témoins privilégiés des faits qui ont endeuillé la ville de Liège et qui, au fil des rumeurs qui ont rapidement enflé dans la Cité ardente, ont provoqué un début de panique dans les rues du centre-ville. Mais cet homme, qui travaille au palais de justice de Liège, préfère livrer son témoignage anonymement.
Il était alors environ 12h30. "Je venais de quitter mon bureau pour prendre mon heure de table", raconte-t-il. Son chemin l’a mené vers la place Saint-Lambert. C’est alors qu’il a vu cet homme, qui sera identifié par les autorités judiciaires, comme étant Nordine Amrani, déjà condamné par la justice et qui avait été convoqué dans la matinée par la police, dans le cadre d’un nouveau dossier judiciaire.
Cela se passait près d’un endroit très connu de tous les Liégeois : quand l’on se trouve à la sortie des galeries Saint-Lambert et que l’on regarde le palais de justice, on voit un bâtiment où se trouve une boulangerie "Point chaud", l’entrée d’un parking, d’un Delhaize, des bureaux des Tec. Au sommet de ce bâtiment, se trouve une plate-forme, à laquelle il est possible d’accéder par le haut, vu que la place est en pente.
"L’homme était sur cette plate-forme. Je l’ai vu très clairement. J’ai croisé son regard, explique notre témoin. Il portait un sac, duquel dépassait le canon d’une arme. Je ne suis pas un spécialiste en arme. Mais c’était une arme longue, une arme automatique, de type fusil d’assaut. Son sac était d’ailleurs rempli d’armes", ajoute-t-il.
"J’ai sorti mon GSM pour donner l’alerte. Et le temps que je le fasse, cela a sauté", indique-t-il. L’homme prenait pour cible les abribus qui étaient en dessous de lui. "Au début, les gens sont un peu incrédules. C’est Noël. Les gens pensent à des pétards de Noël." Mais cela ne dure pas. "Là, j’ai couru. Je crois que j’ai bien fait. J’ai détalé un peu comme tout le monde", se remémore-t-il.
Et il a entendu les détonations mais n’a pas vu les victimes atteintes par les tirs et les grenades. "Par chance pour moi, j’étais du bon côté du bâtiment. Je n’ai pas vu les abribus mais j’ai entendu siffler les éclats de verre des abribus qui venaient crépiter sur les façades des magasins du fond de la place Saint-Lambert, ajoute le témoin. On n’a pas trop envie de rester sur place quand on entend des balles nous passer au-dessus de la tête", précise-t-il. Notre interlocuteur a néanmoins pu garder son sang-froid. "J’ai cru entendre quatre explosions de grenades, entrecoupées par des coups de feu", dit-il.
"Quand cela s’est arrêté de tirer et de sauter, il y avait déjà les sirènes de services de secours qui arrivaient sur place", raconte notre témoin. Combien de temps, a duré la fusillade ? Le témoin ne peut le dire avec certitude : "Je pense que c’est entre 30 et 40 secondes", dit-il.
"Je n’avais jamais vécu quelque chose de similaire. C’est véritablement édifiant. Dans un premier temps, personne ne bronche. Et, avec un décalage, peut-être de 30 secondes, les gens commencent à réagir. Le phénomène ne fait alors que commencer. Il n’y a plus personne qui tire. Il y a comme un silence. Et il commence à y avoir des mouvements de foule et des mouvements de panique alors que tout est fini. Cela a continué pendant une heure : c’est absolument spectaculaire."
Courageux, ce témoin est revenu sur place. C’est là qu’il a vu le tireur sur le sol. "Il était mort. Je l’ai vu à mes pieds. Il était bien mort. C’était bien la personne que j’avais vue lancer les grenades. Je n’ai pas vu sa tête. Mais c’était les mêmes vêtements." Et il a appris par un témoin direct, digne de foi, que le tireur s’était bien suicidé et n’avait pas été abattu par la police.
Avec le recul, notre témoin se demande ce qui aurait pu se passer s’il y avait davantage eu de personnes sur la place. Par chance, le centre de Liège n’était pas noir de monde car le Marché de Noël avait été fermé en raison des rafales de vent.
"Après, c’est véritablement hallucinant. On ne peut se l’imaginer quand on n’y a pas été mêlé. Vous avez vu quelque chose. Vous faites une cinquantaine de mètres et vous entendez tout et n’importe quoi. On parlait d’attaque lancée contre le palais de justice, de malfrats qui étaient venus libérer des détenus. Tout cela venait de la bouche de personnes qui ne pouvaient manifestement rien savoir. J’avais à peine fait une centaine de mètres que j’entendais des histoires absolument abracadabrantes."
Sur le même sujet:
- Attentat à Liège : le tueur était "assez inquiet" à l'idée de retourner en prison
- Attentat Liège: un corps retrouvé au domicile du tireur
- Nordine Amrani : Un homme déterminé
- Les images du drame à Liège
Onkelinx: "On ne jette des...
Cannes 2012 : Brad Pitt fait son...
Il survit à un plongeon dans les...
Brad Pitt : 'Aucune date de mariage'