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Edito : un Noël saccagé

Jean-Claude Matgen

Mis en ligne le 14/12/2011

Saura-t-on jamais ce qui a poussé Nordine Amrani à prendre pour cible, sur l’une des places les plus fréquentées de Liège, des citoyens de tous âges qui vaquaient tranquillement à leurs occupations d’un banal midi de semaine ?

Le bilan de la tuerie est lourd, comme c’est souvent le cas quand la violence se déchaîne ainsi, de façon gratuite et aveugle. D’innocentes victimes ont été fauchées par les tirs d’un homme connu de la justice liégeoise et qui aimait les armes, dont il détint, en son temps, d’importantes quantités.

L’auteur du carnage semblait craindre de retourner derrière les barreaux. Est-ce cela qui l’a poussé à agir comme il l’a fait, lui qui était en liberté conditionnelle ? C’est possible, comme il est probable que la polémique autour de la notion de liberté conditionnelle refasse surface.

Contrairement à Anders Breivik, le tueur norvégien, auquel son geste fait immanquablement penser, Nordine Amrani n’aura pas l’occasion de s’expliquer. Il s’est donné la mort. L’action publique est donc éteinte.

Reste l’immense gâchis causé par un massacre commis à la veille d’une fête de Noël dont la perspective mettait un peu de baume au cœur des citoyens belges. C’est injuste, c’est incompréhensible, même si le lot de nos sociétés "modernes" semble être - et c’est un autre sujet de questionnement - de devoir affronter de plus en plus d’événements "extrêmes", à l’image de celui qui vient d’endeuiller Liège et la société belge tout entière.

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