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Les sexologues en manque de statut
V.R.
Mis en ligne le 25/01/2012
Cela fait des années que les autorités publiques tentent d’accorder un statut aux psychothérapeutes. C’est que tout le monde peut aujourd’hui se déclarer "psy". La profession n’est pas réglementée. Aucune formation n’y est imposée. Or ils jouent un rôle important.
Mais, de toute évidence, accorder un statut aux psychothérapeutes n’est pas chose aisée. Plusieurs ministres s’y sont déjà cassé les dents. Les disciplines et les écoles sont à ce point nombreuses - parfois même antagonistes - qu’il est difficile de les couler dans un même moule.
Deux députées, Nahima Lanjri et Nathalie Muyle (CD&V) ont déposé, fin 2010, une nouvelle proposition de loi visant à réglementer l’exercice de la psychologie clinique. Cette proposition fait toujours l’objet de nombreuses discussions. C’est précisément au cours d’une de ces discussions que les sexologues ont été retirés du champ d’application de la - peut-être - future législation. Ce qui fait aujourd’hui réagir le sénateur MR Richard Miller. Ce dernier vient d’interpeller la ministre de la Santé publique, Laurette Onkelinx (PS). "Il y a un vrai besoin", dit-il. "On se rend bien compte qu’il y a de plus en plus de difficulté avec la vie sexuelle et affective. Les jeunes sont constamment confrontés à des pratiques commerciales reposant sur l’hyper-sexualité, ce qui a une influence sur leur propre pratique sexuelle personnelle. La plupart peuvent surmonter cela. Mais pas tous. On se rend bien compte que beaucoup de jeunes gens négligent les moyens contraceptifs et l’on se trouve avec une hausse des avortements. C’est un vrai problème. L’avortement devient de plus en plus une forme d’avortement a posteriori."
A cela s’ajoute, note encore le sénateur wallon, les difficultés liées à la dimension de plus en plus interculturelle de notre société. "Le rapport à la sexualité n’est pas le même dans toutes les cultures", commente Richard Miller. "Un garçon élevé dans la conviction musulmane n’a pas le même rapport à la sexualité qu’un garçon imprégné de la culture occidentale. Cela induit des difficultés." Pour le Montois, "il est dès lors nécessaire d’avoir des sexologues en nombre suffisant et bien formés. Cela me paraît être un besoin de notre temps. L’absence d’un statut suppose que n’importe qui peut s’afficher sexologue. Cela me pose un problème."
Richard Miller voudrait donc un cadre strict, et une uniformisation des études. "A l’ULB, un diplômé en psychologie doit faire une spécialisation pour devenir sexologue alors qu’à l’UCL, il y a un master qui y conduit plus directement", avance-t-il. Et de préciser qu’il a "pris contact avec la cheffe du groupe MR au Sénat, Christine Defraigne, pour voir comment relancer la réflexion".
A noter qu’une étude, réalisée en 2007 par l’UCL, indiquait que 300 sexologues sont actifs en Belgique et que, malgré l’absence de statut, ils sont en général bien formés, le plus souvent en psychologie. Les consultations ne sont évidemment pas remboursées par l’assurance-maladie. Certains le réclament. Ils estiment que les dysfonctionnements sexuels peuvent conduire à des dépressions. Ce qui coûte finalement cher à la sécurité sociale.
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