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Affaire Fagard: Didier Bellens ne convainc guère
BELGA
Mis en ligne le 31/01/2012
Le patron de Belgacom, Didier Bellens, n'a guère convaincu les députés membres de la commission Infrastructures de la Chambre, mardi, malgré quatre heures d'audition à huis clos serrée sur l'affaire Concetta Fagard, son ancienne directrice du sponsoring au centre d'une affaire de harcèlement. A l'issue de la réunion, la chef de groupe du cdH, Catherine Fonck jugeait même que le gouvernement devait se poser la question de confiance envers le patron de Belgacom, dont l'Etat fédéral est l'actionnaire majoritaire.
"Il ne m'a pas convaincue du tout", a commenté à chaud Mme Fonck pour qui le gouvernement doit à présent "s'inquiéter de ce qui se passe à l'intérieur de l'entreprise, tant pour son personnel que son image extérieure". Selon la chef de groupe centriste, M. Bellens est apparu peu au fait de ses dossiers "qu'il signe en dernière minute", rejetant la responsabilité de l'affaire sur ses collaborateurs. Sans réclamer ouvertement la tête du CEO de l'entreprise, l'élue cdH a néanmoins jugé que "le gouvernement devait prendre ses responsabilités".
Interrogé par les députés sur le moment exact où il a pris connaissance du dépôt d'une plainte contre Concetta Fagard, M. Bellens n'a pu affirmer avec certitude s'il s'agissait du 6 ou 8 juin dernier. "Il a dit qu'il avait été très mal conseillé, qu'il avait dû agir dans la précipitation et que, si c'était à refaire, il ne referait pas la même chose", a confié de son côté Karin Lalieux (PS).
Se refusant à condamner ouvertement M. Bellens, la députée a prôné la "mise sous surveillance" de Belgacom, et l'audition par la commission du directeur des ressources humaines de l'entreprise. "Nous verrons comment les affaires seront réglées d'ici quelques mois", a-t-elle ajouté.
Le patron de Belgacom est, lui, sorti par une porte dérobée, évitant ainsi la presse qui attendait à l'extérieur. Son audition, la deuxième après celle du 9 novembre dernier et les révélations de presse affirmant que le patron de Belgacom était au courant depuis belle lurette de plaintes envers sa protégée, n'a pas plus convaincu l'opposition. "On tourne en rond! Il n'y a pas de nouveaux éléments", a commenté Ronny Balcaen (Ecolo), selon qui M. Bellens a fourni mardi des "réponses assez vagues" et fait preuve "d'impréparation".
Une situation qui plaide, à ses yeux, pour l'audition par les commissaires des autres personnes impliquées dans cette affaire. Pour l'élu écologiste, l'attitude affichée mardi par M. Bellens "qui ne souhaite pas assumer ses responsabilités" le pousse en tout cas à s'interroger sur son avenir à la tête de l'opérateur public: "Est-il encore en capacité d'assumer les responsabilités de demain au sein de Belgacom? ".
Depuis l'automne dernier, M. Bellens navigue en eaux tumultueuses après plusieurs révélations de presse sur des enquêtes le visant et les remous provoqués par l'affaire Concetta Fagard. Celle-ci a entraîné au total le licenciement de quatre top-managers de l'entreprise - dont l'intéressée, protégée de M. Bellens - et débouché sur des tensions entre le CEO et son conseil d'administration.
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