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15 % des travailleurs viennent de l’étranger

Stéphane Tassin

Mis en ligne le 10/02/2012

Les ressortissants des 27 pays de l’Union européenne ne sont pas repris dans ces statistiques, à l’exception des Roumains et des Bulgares.
Outre la problématique du travail au noir dans le secteur de la construction qui reste, pour l’heure, impossible à chiffrer, un autre débat sur ce secteur vire à la polémique en Wallonie.

On constate en effet que le secteur de la construction en Wallonie compte actuellement près de 65.000 travailleurs salariés dont 15 % viennent de l’étranger (hors UE). On comptabilise encore 12.000 indépendants dont 10 % viennent également de l’étranger. On peut donc en déduire qu’entre 12.000 et 13.000 ressortissants étrangers travaillent dans le secteur de la construction.

Les ressortissants des 27 pays de l’Union européenne ne sont pas repris dans ces statistiques, à l’exception des Roumains et des Bulgares qui sont soumis à des dispositions transitoires jusqu’en 2013. Il s’agit essentiellement de travailleurs venant du Maroc, de Tunisie, de Turquie, d’Algérie, de Bosnie-Herzégovine, de Serbie et de Croatie.

Les chiffres publiés ci-dessus sont ceux relatifs à l’octroi de permis de travail en Wallonie pour l’année 2008. On constatera que les chiffres restent stables d’année en année si on se réfère aux données du SPF Économie pour les années suivantes.

Willy Borsus, chef de groupe MR au Parlement wallon, s’interroge à la lecture de ces chiffres : “Ce qui est interpellant, c’est l’ampleur et le fait que ce soit structurel. Lorsqu’on met ces chiffres en face à face avec ceux du chômage en Wallonie, on peut se demander pourquoi la Wallonie ne réoriente pas ses chômeurs en mettant en place des mesures efficaces de formation dans ces secteurs.”

Lorsqu’on consulte le site du Forem et la liste des métiers en pénurie en Wallonie, on constate que de très nombreuses fonctions liées à la construction sont mises en avant.

On se rend compte aussi qu’un manœuvre dans ce secteur toucherait un salaire assez bas, proche des 1.100 € net par mois.

Qu’on apprécie ou pas, lorsqu’on sait que cette personne en restant au chômage percevra 1.000 €, on peut comprendre que la pénibilité de ce genre d’emploi rebute de nombreuses personnes. “Effectivement, c’est un autre problème. Les charges sur le travail sont telles qu’elles restent un véritable handicap. Les salaires ne sont pas suffisamment élevés. Nous sommes dans une situation qui nous place en haut du hit-parade de la pression fiscale” , explique Willy Borsus.

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