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Donner un visage au policier gay
J. La.
Mis en ligne le 25/02/2012
Rassembler les policiers homosexuels au sein d’une association pour sensibiliser à la diversité sexuelle : tel est l’objectif de l’ASBL Rainbow Cops Belgium, présentée vendredi. Et celle-ci a reçu un accueil favorable des hautes sphères de la police fédérale. C’est dans les locaux même de la police fédérale, et avec des membres en uniforme, que l’association a expliqué ses projets.
La Belgique était un des derniers pays à ne pas disposer d’une telle association. C’est un policier actif au sein du service d’identification des victimes de la police fédérale, Dirk Maes, qui l’a créée. Il était déjà actif au sein de la cellule diversité de la police fédérale, qui traite notamment des difficultés que peuvent rencontrer les allochtones ou les femmes. Si ceux-ci sont visibles, ce n’est pas le cas des homosexuels. "Peu était fait pour les LGBT" (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres ), explique M. Maes, qui est président de Rainbow Cops Belgium.
Son action se tiendra notamment en interne. "Nous souhaitons favoriser l’intégration, accompagner et soutenir les collègues homosexuels qui font leur outing ou voudraient le faire et qui restent dans le silence", explique Yannic Lecomte, le vice-président de l’association. La police, relève-t-il, est en effet un milieu qui se caractérise par une collégialité, un esprit de groupe ou de corps fort. Les policiers parlent beaucoup entre eux, de leur vie, de leurs week-ends, de leurs vacances. "Et celui ou celle qui ne parle pas de ce qu’il vit en dehors de son travail à la police car il n’a pas envie que l’on sache qu’il vit avec une personne du même sexe, se trouve en retrait et s’intègre moins. Cela peut être une souffrance", explique M. Lecomte.
Pour M. Maes, la police n’est plus le bastion du machisme qu’elle a pu être. Mais des policiers peuvent encore rencontrer des problèmes avec certains collègues. Ce n’est parfois pas bien méchant, comme des blagues à caractère sexiste ou homophobe, dit M. Lecomte. "Mais on nous a aussi relaté qu’un collègue ne voulait pas travailler de nuit dans un combi avec son collègue car ce dernier était homosexuel", relate M. Lecomte.
L’autre message de Rainbow Cops Belgium s’adresse à la population. "C’est dire que la diversité existe au sein de la police", dit M. Lecomte. Cela pourrait également donner la force, à une personne victime d’un acte homophobe, d’aller pousser la porte d’un commissariat de police, en sachant qu’elle pourra être bien accueillie et respectée dans son identité et orientation sexuelle. Ces actes d’homophobie semblent en augmentation. Or, le Centre pour l’égalité des chances répertorie plus de faits que la police, ce qui montre que les victimes hésitent encore à aller à la police.
Rainbow Cops Belgium voudrait également pouvoir participer à la formation de base des policiers, comme expliquer toutes les lois relatives à la discrimination ou encore démythifier l’homosexualité. Ses responsables rencontreront d’ici peu le comité de direction de la police fédérale. Cela se fera après l’installation de la nouvelle commissaire générale, Catherine De Bolle.
Rainbow Cops Belgium aurait voulu participer, en uniforme, à la Gay Pride. La ministre de l’Intérieur, Joëlle Milquet, n’a pas donné son accord. Mais pour l’ASBL, ce n’est que partie remise : elle réitérera sa demande pour 2013.
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