Des tirettes pour ouvrir aux femmes les conseils communaux
Quoi, on parle déjà des prochaines élections locales, celles de 2018 ? Eh ! oui. Et ce n'est peut-être pas trop tôt pour s'y préparer dans certaines chaumières C'était décidé à Bruxelles, c'est désormais acquis en Wallonie : l'alternance hommes/femmes tout au long d'une liste, ce qu'on appelle la tirette complète, sera obligatoire sur toutes les listes de candidats. Il s'agira pour de nombreux hommes de concéder leur place; il s'agira aussi (sinon surtout) de convaincre de nombreuses femmes de "monter" à des places de choix !
- Publié le 26-01-2013 à 04h15
genres Quoi, on parle déjà des prochaines élections locales, celles de 2018 ? Eh ! oui. Et ce n'est peut-être pas trop tôt pour s'y préparer dans certaines chaumières C'était décidé à Bruxelles, c'est désormais acquis en Wallonie : l'alternance hommes/femmes tout au long d'une liste, ce qu'on appelle la tirette complète, sera obligatoire sur toutes les listes de candidats. Il s'agira pour de nombreux hommes de concéder leur place; il s'agira aussi (sinon surtout) de convaincre de nombreuses femmes de "monter" à des places de choix !
Pour rappel, la féminisation de la sphère politique a été sensible, ces dernières années. Pas d'illusion, ce n'aura pas été spontané : l'évolution est d'abord redevable de législations contraignantes, quoi qu'on puisse en penser. Ce furent d'abord des proportions obligées de candidates, les fameux "quotas" (d'un quart dès les communales de 1994, d'un tiers dès les législatives et régionales de 1999). Ce fut ensuite la parité : autant de candidates que de candidats (à partir des législatives de 2003).
Mais ce n'est pas tout d'équilibrer en nombre. Si les dames trustent les mauvaises places, les messieurs continueront à dominer les assemblées. On sait comment on a voulu infléchir le risque : en imposant une alternance aux meilleures places des listes (d'abord les trois premières, en 2002, ensuite les deux premières, dès 2007).
Insuffisant ? La féminisation de notre vie politique marque peut-être le pas. Ainsi, le nombre d'élues communales a augmenté en Wallonie en octobre dernier, mais de peu sur 2006 (31,8 % contre 34,8) tandis qu'il baisse à Bruxelles (41,5 % contre 42,2); on compte moins de femmes aussi dans les conseils provinciaux wallons (32,7 % contre 37,8).
Ladite tirette pourrait ouvrir de nouvelles perspectives.
Drastiquement, la parité
Dès avant le 14 octobre, une proposition d'ordonnance CDH (Frémault) avait été déposée en Région bruxelloise pour l'imposer aux élections communales dans les 19 communes dès 2018; elle a été approuvée par 71 élus sur 79 (une seule opposition, N-VA).
A suivi, au Parlement wallon, une proposition de décret Ecolo (Meerhaeghe, Disabato) qui vise à la même alternance complète pour les communales et provinciales dès 2018 aussi. Histoire, écrivent les auteurs, "d'améliorer drastiquement la parité". La voici à l'ordre du jour des travaux en commission de la semaine prochaine. Or, les trois autres partis (PS, MR, CDH) en sont devenus les cosignataires sans mal; son approbation ne fera donc pas un pli. Article 2 : "Sur chacune des listes, tout candidat doit être de sexe différent par rapport au candidat qu'il suit dans l'ordre de la liste".
Du calme, amis présidents des sections locales de parti : on le redit, vous avez presque 6 ans pour vous tirer la tirette.
Tiens, et les autres scrutins, dont l'organisation revient au fédéral ? Des propositions du même genre sont déposées tant à la Chambre (CDH, Fonck) qu'au Sénat (Ecolo, Khattabi); mais là, ce n'est pas gagné.
