Edito: Dutroux, un barnum sans intérêt

Disons-le tout net, Marc Dutroux n'a aucune chance d'obtenir une mesure de libération conditionnelle ou de placement sous surveillance électronique.

Edito: Dutroux, un barnum sans intérêt
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Disons-le tout net, Marc Dutroux n'a aucune chance d'obtenir une mesure de libération conditionnelle ou de placement sous surveillance électronique.

Son passage, ce lundi, devant le tribunal de l'application des peines de Bruxelles doit donc être apprécié à sa juste valeur: Dutroux est dans la peau d'un condamné qui répond, en théorie, aux conditions lui permettant d'adresser une demande de libération. Il a usé de cette possibilité et c'est son droit, même si la démarche constitue, évidemment, une de ces provocations dont il est friand. Lui et son avocat joueront donc leur chance. Elle est nulle, tout le monde le sait.

Et pourtant, beaucoup font comme si le risque de voir l'ennemi public numéro 1 se retrouver dans la nature existait bel et bien. Et exploitent cette illusion pour faire, sans aucune considération pour le travail de la justice et des magistrats, de la surenchère sécuritaire, comme on en a eu encore la démonstration sur les plateaux télé, dimanche.

Le courage politique, c'est parfois d'aller à rebrousse-poil de l'opinion. Candidat à la présidentielle française en 1981, François Mitterrand avait annoncé que s'il était élu, il abolirait la peine de mort, plébisicitée par une nette majorité de Français. Il risquait gros mais il fut choisi et il tint sa promesse. Aujourd'hui, en Belgique, beaucoup d'élus préfèrent rester sourds aux mises en garde unanimes des professionnels de la justice pour flatter leur électorat et faire voter, dans la précipitation, des lois sans queue ni tête, comme celle qui restreint les conditions d'octroi de la libération conditionnelle. C'est faire trop d'honneur à Dutroux et ses semblables.

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