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judiciaire

Terrorisme: Sliti dément avoir guidé les tueurs de Massoud

Belga

Mis en ligne le 23/05/2003

Il dément également toute implication dans le trafic des passeports qui devaient permettre à ces personnes de gagner le pays des Talibans pour tuer le chef de l'Alliance du Nord le 9 septembre 2001.

Amor Sliti a nié vendredi, devant le tribunal correctionnel qui juge 23 islamistes présumés, avoir aidé des candidats qui désiraient suivre des entrainements militaires en Afghanistan. Cet homme, qui a longtemps résidé en Afghanistan et qui est soupçonné d'y avoir guidé les tueurs du commandant Massoud, a limité son action sur place à la gestion d'une école primaire.

Il dément également toute implication dans le trafic des passeports qui devaient permettre à ces personnes de gagner le pays des Talibans pour tuer le chef de l'Alliance du Nord le 9 septembre 2001.

Amor Sliti a fait cinq long séjours en Afghanistan entre 1999 et 2002. Avec ses cinq enfants, il a fui le pays en 2002 lorsque le régime des Talibans est tombé. Avec un groupe de combattants arabes, il a gagné l'Iran qui l'a extradé vers la Belgique.

Longument interrogé vendredi par la présidente, Amor Sliti a expliqué qu'il voulait s'installer définitivement en Afghanistan car il s'agissait du «seul pays islamique au monde et tous les bons musulmans devaient dès lors aller y vivre ». Il a dit y avoir limité son action à la gestion d'une école. S'il rentrait en Europe, c'était pour collecter de l'argent pour celle-ci et non pour les cnadidats au Jihad.

Il fréquentait néanmoins à Londres des hommes comme Abou Iyat ou Abou Qatada, connus pour leurs appels pressants au Jihad armé. Mais, a-t-il souligné, il ne parlait avec eux que d'achats de voitures ou de sa maison à vendre.

Il a été en contact en Afghanistan avec un des deux hommes qui a tué le commandant Massoud. Il dément lui avoir accordé la moindre aide bien que des témoins ont dit qu'il le connaissait déjà en Belgique. Amor Sliti a précisé qu'il pensait que cet homme, Dahmane, qui vivait près de chez lui à Jalalabad, y faisait du commerce.

Amor Sliti ne se dit pas plus au courant des véritables activités de son beau-fils. Ce dernier est détenu dans la prison américaine de Guantanamo où sont incarcérés les combattants d'Al-Qaida extraits d'Afghanistan ou du Pakistan. Amor Sliti a dit ne pas savoir que son beau-fils prenait en charge à Peshawar les personnes venant combattre en Afghanistan. Pour Sliti, il aidait seulement les personnes venues pour faire du commerce. «C'était pourtant notoire », lui a répondu la présidente.

La fille d'Amor Sliti n'avait que 13 ans lors de ce mariage. Elle est mère d'un bébé. Au juge assesseur qui lui signalait que les lois belges considèrent qu'un père qui marie sa fille à cet âge se rend complice d'un viol, Amor Sliti lui a répondu que sa fille a été mariée sous le régime des Talibans qui autorisait ces mariages, que sa fille était pubère et avait consenti au mariage.

Quatre autres prévenus ont été interrogés vendredi. Tarik B. aurait hébergé les deux tueurs de Massoud pendant plusieurs semaines à Bruxelles avant leur départ pour l'Afghanistan. Il a répété qu'ils ne sont venus chez lui que pour effectuer gracieusement des travaux de rénovation.

Deux autres ont démenti qu'ils aient eu l'intention d'aller combattre en Afghanistan et en Tchétchénie. Boualem B. a dit qu'il comptait utiliser un faux passeport (portant sa photo et un visa pour le Pakistan) pour immigrer au Canada. Jaouad M. a reconnu qu'il s'est rendu en Géorgie, porte d'entrée de la Tchétchénie qu'il n'a finalement pas gagnée. Mais, a-t-il précisé, c'était car des islamistes, qui le savaient en séjour illégal, menaçaient de le dénoncer aux autorités s'il restait à Londres.

Le quatrième, Mohamed B. a contesté avoir fourni des passeports à un des deux tueurs de Massoud.

Les derniers prévenus de ce dossier Massoud seront entendus lundi, tout comme vraisemblablement Nizar Trabelsi. Il s'est brièvement exprimé vendredi, s'en prenant au juge parisien Bruguière qui a mis en résidence surveillée sa femme.

Il accuse le juge de l'avoir pressé de dire que son projet d'attentat visait Paris, et non Kleine Brogel, en lui promettant en échange de pouvoir voir l'enfant qu'il a eu avec sa femme. «Je devais ainsi confirmer quelque chose qui n'existait pas et envoyer plusieurs personnes en prison en échange de la promesse de voir mon fils », a-t-il dit.

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