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terrorisme - judiciaire
Nizar Tabelsi, un destin «noir»
Belga
Mis en ligne le 27/05/2003
Nizar Trabelsi a tenté mardi de convaincre ses juges que sa décision de commettre un attentat n'était pas l'aboutissement d'un long cheminement et d'un projet murement réfléchi. Il a laissé entendre que sa détermination résultait plutôt d'un «destin », venant de l'émotion très vive ressentie à la vision d'une photo montrant un bébé blessé par une balle israélienne.
Il comptait d'ailleurs porter cette photo - dont il a remis une copie à la présidente - sur lui quand il aurait commis l'attentat suicide sur la base militaire de Kleine Brogel, a-t-il dit.
Trabelsi a éludé les questions les plus compromettantes des trois juges, faisant régulièrement mine de ne pas comprendre ou ne répondant qu'indirectement. Il n'a chargé aucun des 12 autres prévenus qui doivent répondre avec lui devant le tribunal de ce projet d'attentat déjoué, laissant entendre que ses complices ne sont pas sur les bancs des prévenus.
Il a relativisé son engagement, expliquant à demi-mots n'avoir embrassé la cause terroriste que très tard, seulement après son arrivée en Afghanistan.
Nizar Trabelsi a dit qu'il ne s'est pas rendu sciemment en Afghanistan en vue d'y suivre des entrainements militaires pour perpétrer des attentats. Son projet, a-t-il souligné, était d'y vivre, d'y avoir des enfants avec sa femme, d'aider les Afghans, d'y contruire des mosquées et des puits et de fonder un orphelinat.
Il situe son revirement à la vision d'une cassette montrant les souffrances de musulmans et la photo d'un bébé palestinien de 4 mois touché par une balle alors qu'il se trouvait dans les bras de sa mère.
Il s'est alors proposé pour des attentats-suicide et Oussama Ben Laden, qu'il dit avoir rencontré à sept reprises, l'aurait accepté. »Vous êtes devenu un candidat-martyr par simple opportunité », s'est interrogé un des juges. «C'est un destin », s'est borné à répondre Nizar Trabelsi.
Il aurait alors suivi des entrainements pendant un mois, dans une villa située près de Kandahar où ont également séjourné deux des trois personnes qui auraient dû préparer l'attentat avec lui. Ce n'est qu'à l'issue de nombreuses questions que Trabelsi a admis qu'il avait reçu une formation au maniement et à la confection d'explosifs.
Il n'a pas pu fournir d'explications véritablement convaincantes sur les importantes sommes d'argent - plusieurs dizaines de milliers de dollars - qui ont transité par ses mains, en Afghanistan et en Europe.
Il cite notamment un commerce de diamants, ce qui laisse perplexes les juges qui s'étonnent de son peu de connaissance des pierres précieuses et de la rapidité de ses gains.
Il a démenti que cet argent lui a été donné par des personnes liées à Al-Qaida. Il a tout aussi contesté être au courant que deux hommes, interpelés avec lui en Allemagne avant son départ en Afghanistan, étaient liés au Takfir Wah Hijra, un groupe prônant la violence pour arriver à un islam rigoriste.
Nizar Trabelsi dit avoir changé: «les attentats, cela n'est pas une solution », a-t-il dit expliquant qu'à l'époque où il projetait un attentat, il était une «machine ».
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