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Sectes
Scientologie: pressions à la Chambre
Roland Planchar
Mis en ligne le 27/11/2004
Certains ici utilisent le mot harcèlement, mais je préfère parler d'un lobbying très intense », explique le député socialiste André Frédéric en nous informant des pressions anormales exercées à la Chambre par l'«Eglise» de scientologie. M. Frédéric dirige le groupe parlementaire formé à son initiative «en juillet dernier pour évaluer les suites réservées aux recommandations émises en 1997 par la commission parlementaire sur les sectes». Laquelle avait formulé «une série de lignes de force pour lutter contre les organisations sectaires dangereuses et nuisibles», rappelle le député PS, «et en avait dressé la liste. La scientologie s'y trouvait et s'y trouve toujours».
Or, depuis la mise en place de ce groupe de travail, la secte «ne cesse de téléphoner, d'écrire, d'envoyer des messages, d'essayer de se faire recevoir au Parlement, y compris en prétextant une discrimination religieuse, mais sans rien apporter de neuf. C'est un lobbying incessant pour sortir de la liste. Les commissaires se plaignent d'être interpelés en permanence. Ce n'était plus possible. J'ai donc finalement dû signifier aux scientologues qu'ils devaient cesser et ne seraient plus reçus».
En effet, «l'objectif n'est nullement de revoir la liste, mais de voir comment on peut mieux protéger nos concitoyens du travail de taupe réalisé par ces organisations sectaires, comme ce que «La Libre» expliquait vendredi».
A ce sujet, Mohamed Boulif, le président de l'Exécutif des musulmans a livré vendredi à la RTBF sa version sur la tentative de rapprochement des scientologues que nous évoquions le même jour. Nous relations notamment que, le 11 novembre, il avait reçu, parmi d'autres, deux scientologues au siège de cet Exécutif.
Pour lui, aucun scientologue n'a été invité officiellement. Si un membre de la secte fut reçu, ce n'était pas en tant que représentant officiel, estime M. Boulif. «Je trouve tout à fait déplacé et même malhonnête d'utiliser un évènement comme une rupture de jeûne pour créer des amalgames et la confusion dans l'esprit des gens», a-t-il ajouté.
Ce démenti aux termes excessifs ne dément toutefois pas grand-chose. Il n'y avait nul amalgame dans nos propos, au contraire. Et les faits sont avérés. Deux scientologues étaient présents, dont Pascal Cottier, appartenant à la section «Public affairs» de la scientologie. C'est-à-dire, précisément, celle officiellement mandatée par elle pour ses contacts publics.
Il nous avait d'ailleurs lui-même expliqué avoir perçu l'invitation comme «une initiative d'ouverture entre différentes croyances», le but étant «de rapprocher différentes sensibilités, religieuses ou idéologiques» («LLB» 26/11). Rien de privé, donc. Ce n'est pas un individu mais la scientologie qui était invitée. Nous maintenons d'ailleurs pareillement toutes nos autres informations.
© La Libre Belgique 2004

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