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Affaires
La marche d'Echternach
Philippe Mac Kay
Mis en ligne le 25/10/2006
Un pas en avant, deux pas en arrière : le collège échevinal de Charleroi a donc décidé de se dédire, trois jours après avoir annoncé qu'il se sabordait. Unanimes, les gestionnaires communaux carolorégiens ont expliqué ainsi leur souci de "faire prévaloir la raison sur l'affectif".
Unanimes pour présenter leur démission samedi, ils se sont trouvés tout aussi soudés, mardi, pour expliquer pourquoi ils ne la présentaient plus. Pourtant, samedi, le coeur y était, quand il s'était agi de dire tout son soutien à Jacques Van Gompel, emprisonné la nuit d'avant pour faux, usage de faux et détournement par fonctionnaire public. Symboliquement, avait-on dit. Il se dit pourtant que certains avaient hésité : l'un évoquait son absence à la réunion de collège incriminée; un autre affirmait ne pas s'en souvenir; un troisième s'informait des conséquences financières d'une démission sur son salaire, sa voiture et son chauffeur. Jean-Claude Cauwenberghe avait pourtant obtenu cette démission collective.
Ceux qui voulaient rester
Puis est venue, lundi, l'explication fournie par le procureur du Roi de Charleroi, Christian De Valkeneer. A l'évidence, ce qu'on reprochait au bourgmestre y prenait une tout autre tournure. Du fait isolé, on passait à la mécanique d'un système vieux de dix ans au moins, avec truquages répétitifs de documents pour cause de marchés publics escamotés. Est-ce ce qui a amené les échevins à remettre leur geste en cause ? Plus que probablement.A l'entrée du collège qui devait officialiser la démission collective, on a perçu plus que des nuances : ainsi, Gérard Monseux, l'échevin de la Voirie, estimait ne rien avoir à se reprocher; Marc Parmentier, au lendemain de plusieurs heures d'interrogatoire avait un autre éclairage du dossier. Bref, comme le disait le bourgmestre faisant fonction Jean-Pol Demacq, il y avait "certaines difficultés".
Et quatre heures plus tard, le collège annonçait qu'il avait décidé de ne plus démissionner. Bien sûr, dans le même temps, on "réaffirme toute son amitié à Jacques Van Gompel".
Mais on dit sa "volonté de voir les dossiers en cours faire l'objet d'un contrôle plus approfondi et d'une clarification, particulièrement en ce qui concerne la délibération incriminée de décembre 2005, en ce compris la manière dont elle a été élaborée".
La décision de décembre
Qu'en est-il de cette délibération ? C'est celle qui avait amené le collège, sur proposition du bourgmestre, à approuver une modification budgétaire pour le paiement de factures : or, ces factures avaient été rendues possibles par de faux bons de commandes, antidatés par l'administration. A quoi on ajoute que, parmi les échevins qui auraient pu démissionner "en bloc", s'en trouvaient deux qui n'étaient pas encore échevins en décembre, et qui avaient donc encore moins de raisons que les autres de s'en aller. On va également consulter des spécialistes en droit administratif et constitutionnel. Tout cela, a précisé Jean-Pol Demacq, en accord avec Jean-Claude Van Cauwenberghe, président de l'USC. Lequel Van Cau "ne nous avait pas demandé de nous faire harakiri", a encore avancé le bourgmestre faisant fonction.Adultes politiques ?
Dès lors, de deux choses l'une : ou cet "accord avec Jean-Claude Van Cauwenberghe" n'est qu'une clause de style, et les échevins ont décidé seuls, en adultes politiques. Ou Jean-Claude Van Cauwenberghe lui-même a changé d'avis depuis samedi, surpris par l'ampleur des accusations qui frappent désormais Jacques Van Gompel.La Région wallonne, elle, a également réagi : elle va mener l'audit externe des services communaux attendu par tous, majorité actuelle et future, et opposition (voir ci-contre).
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