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Enfance

Hausse de cas signalés à la commission des droits de l'enfant

Randa Wazen (St.)

Mis en ligne le 20/11/2006

Claude Lelièvre, délégué général de la Communauté française aux droits de l'enfant, a remis son rapport annuel à Marie Arena, ministre-présidente du Gouvernement de la Communauté française, et à Jean-François Istasse, Président du Parlement de la Communauté française.

Bien qu'en 2006 la Belgique connait une année noire concernant la protection des enfants (affaire de Stacy et Nathalie) ou la délinquance juvénile (meurtre de Joe), le rapport annuel des droits de l'enfant, s'intitule « on garde l'espoir ».

Le point le plus marquant de ce rapport concerne le nombre de dossiers individuels qui ont été soumis à Claude Lelièvre. De 849 nouveaux cas pour 2004-2005, il y a eu 1.248 cas entre septembre 2005 et fin aout 2006, ce qui signifie une hausse de plus de 30% par rapport à l'année dernière.

Ce rapport, qui fait le point sur les informations, plaintes et demandes de médiation concernant des enfants, observe les mêmes tendances depuis 15 ans. Mais l'augmentation considérable des dossiers individuels s'expliquerait par la médiatisation du meurtre de Joe et de l'affaire de Stacy et Nathalie. Une hausse semblable avait également eu lieu suite à l'enlèvement de Julie et Mélissa en 1996.

L'arrivée de Jean-Denis Lejeune a aussi permis d'accroitre la crédibilité ainsi que la visibilité de l'institution de défense des droits de l'enfant. Pour ce qui est des problématiques rencontrées, les maltraitances, physiques et psychologiques, constituent toujours une majorité (715 situations, soit 35,3%) suivie par les problèmes engendrés par la séparation et le divorce des parents (571 situations, soit 28,1%), et la problématique des mesures de placement en institutions ou dans des familles d'accueil (233 situations, soit 11,5%).

Certaines recommandations du rapport 2004-2005 ont été concrétisées telles que l'hébergement égalitaire de l'enfant dont les parents sont séparés, par la loi du 18 juillet 2006, ou encore la lutte contre la délinquance juvénile ( loi relative à la protection de la jeunesse, à la prise en charge des mineurs ayant commis un fait qualifié d'infraction et à la réparation du dommage causé par ce fait, 15 mai 2006).

Damien Vandermeersch, qui a rédigé la préface du rapport, souligne qu' ici le terme « espoir » n'est pas pris comme un mot, mais comme un pari pour l'avenir, ce qui implique un engagement. Un engagement qui vise autant le secteur de la Justice que les parents eux-mêmes ou encore les autres institutions encadrant des enfants.

Pratiquer la prévention plutôt que la répression, reconnaitre la place primordiale des parents et de l'enseignement, ne pas s'inscrire dans le conservatisme mais prendre en considération les changements de notre société, tels sont les défis qui émanent de ce rapport, et qui permettraient d'assurer une meilleure application des droits de l'enfant.

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