La Libre.be > Actu > Belgique > Article
val duchesse academy
Van Rompuy, négociateur ?
V.d.W.
Mis en ligne le 20/09/2007
L'ambiance, parmi les négociateurs, prend des allures de montagnes russes. Un jour, on annonce le blocage complet des négociations, voire le possible retrait de l'explorateur, Herman Van Rompuy... Le lendemain, l'optimisme revient : le ciel se dégage, les solutions sont en vue et l'explorateur sort de la brousse. Bizarre ? Oui et non.
1 Pourquoi passe-t-on du découragement le plus total à l'optimisme débridé ? Restons sobres : après plus de cent jours de crise, parler d'optimisme, c'est un peu exagéré. Mais, quand il y a une volonté, il y a un chemin. Et les partenaires de l'orange bleue ne semblent pas se décourager.
Début de la semaine, on prêtait à Herman Van Rompuy la volonté d'ouvrir, avec les présidents des partis, francophones d'abord, flamands ensuite, les dossiers non institutionnels, à savoir les problématiques socio-économiques, fiscales, environnementales, sociétales, etc. Mais, surprise, lundi soir, avec Joëlle Milquet (CDH) et Didier Reynders (MR) puis mardi avec Jo Vandeurzen (CD & V), Bart Somers (VLD) et Bart De Wever (N-VA), il ne fut question que de Bruxelles-Hal-Vilvorde et de réforme de l'Etat. Conclusion des rencontres ? Le fossé demeure énorme. Chacun fait des efforts, mais le blocage persiste. Mercredi, cependant, les signaux repassent au vert.
2 Y a-t-il encore de l'espoir pour l'orange bleue ? Petit espoir, mais espoir quand même. La preuve ? Selon certaines sources, Herman Van Rompuy pourrait bientôt changer de statut. Car après trois semaines de travail, Herman Van Rompuy semble avoir exploré tous les recoins de la jungle qu'il était censé découvrir. Il n'était limité ni dans le temps, ni dans les problématiques qu'il pouvait évoquer, mais bien dans la méthode. En tant qu'explorateur ou qu'éclaireur, il devait se limiter à chercher des solutions pour dénouer la crise politique, pas à négocier des accords. Autrement dit, s'il voulait mettre les quatre présidents de parti autour d'une même table, ce qu'il n'a fait qu'une seule fois (on parle d'un deuxième rendez-vous avant le weekend), il devait, tôt ou tard, changer de statut. C'est apparemment ce qui pourrait se passer lors de la prochaine entrevue qu'Herman Van Rompuy aura lundi avec le Souverain, lequel pourrait donc le charger d'une mission de médiation, voire de négociation. Alors, et alors seulement, il aurait l'autorisation, la capacité, de chercher des pistes d'accord. Il ne se contenterait plus de lister les demandes, les compromis possibles dans les dossiers institutionnels et autres, il chercherait réellement à les négocier. Et du statut de négociateur à celui de formateur, il n'y a qu'un pas. Et du statut de formateur à celui de Premier ministre...
3 Van Rompuy Premier ministre ? Trois fois non. Herman Van Rompuy ne souhaite pas devenir Premier ministre (en voilà au moins un !). C'est toujours Yves Leterme qui a la cote... en Flandre. Et comme on le sait, en Belgique, le Premier ministre n'est pas élu, mais proposé par le parti politique le plus important à la Chambre et finalement nommé par le Roi. Dans un récent sondage, la popularité d'Yves Leterme, en baisse depuis le 10 juin, s'était redressée en Flandre. Chez les francophones, en revanche, c'est la Bérézina. Dans un sondage réalisé sur Internet auprès de 6 000 personnes à la demande de la RTBF et du "Vif", il apparait que 89,1 pc des francophones s'opposent à la désignation d'Yves Leterme au poste de Premier ministre. Apparemment, ce ne sont pas tellement ses gaffes à répétition qui choquent les francophones, mais les explications qu'il tente de fournir a posteriori. Ce qui irrite, c'est cette incapacité qu'il a à se placer au-dessus de la mêlée, à se mettre dans la peau d'un futur Premier ministre, qui doit être un "asexué" linguistique.
4 Un comité des Sages va-t-il lancer la réflexion ? L'idée a subitement réapparu mercredi dans certains journaux. L'information figurait dans la fameuse note que Jean-Luc Dehaene avait délicatement posée sur ses genoux le jour où il fut reçu, comme d'autres ministres d'Etat, par le Roi. L'idée de créer un comité de Sages qui réfléchiraient aux contours d'une nouvelle réforme de l'Etat est, à ce stade, toujours une hypothèse. Elle ferait partie d'un plan plus vaste destiné à apaiser les appétits immédiats du CD & V et de la N-VA.
Mais il y a déjà débat sur ces Sages : seraient-ils mandatés par leur parti ou bénéficieraient-ils d'une grande liberté de propositions ? De toute façon, il est illusoire de croire que le cartel flamand acceptera de reporter sine die une réforme de l'Etat pour se contenter d'une réflexion menée a posteriori par quelques "Sages".
Savoir Plus
Didier Reynders a mis les parlementaires flamands qui voudraient forcer le vote sur les propositions de loi visant à scinder l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde en garde. Leur attitude est proche du suicide, a-t-il dit. "Ils ne se rendent pas toujours compte qu'ils se mettent eux-mêmes le couteau sur la gorge alors qu'il y a un explorateur qui tente de trouver une solution. J'espère qu'ils auront la sagesse de lui laisser une chance." Le président du MR était l'invité mercredi soir de la rentrée politique organisée conjointement par "Le Vif/L'Express" et la RTBF. Interrogé sur la situation politique, il a réaffirmé avec force qu'il s'inscrivait toujours dans la perspective de la mise sur pied d'un gouvernement orange bleue. Il a aussi répété avec tout autant de force qu'il ne voulait pas d'une tripartite traditionnelle.
En ce qui concerne une possible réforme de l'Etat, il a aussi réaffirmé son ouverture au dialogue. "Débattre d'une réforme de l'Etat ne pose pas de problème", a-t-il dit. Et d'ajouter qu'il faut faire évoluer le système belge et dans ce cadre se battre pour que la Wallonie et Bruxelles obtiennent plus de moyens pour assurer leur envol économique. Il a également rappelé qu'à ses yeux, il faudrait à l'avenir que les ministres wallons et les ministres francophones bruxellois siègent dans un même gouvernement francophone. Enfin, à propos d'Yves Leterme, Didier Reynders a insisté sur le fait que la fonction de Premier ministre nécessitait "un peu de recul" et que M. Leterme devrait "faire ses preuves au cours des semaines ou des mois à venir, qu'il est capable de prendre ses distances à l'égard de son parti et de sa communauté". (Belga)
Onkelinx: "On ne jette des...
Cannes 2012 : Brad Pitt fait son...
Il survit à un plongeon dans les...
Brad Pitt : 'Aucune date de mariage'