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Témoignage

"Désormais, je vis sous tutelle"

(G.C.)

Mis en ligne le 14/12/2007

Quand Nathalie a quitté le père de ses enfants, il lui fallait d'urgence trouver un logement. Pas de problème lorsque comme elle, on travaille à plein temps et qui plus est dans une école de la Ville de Bruxelles. Sauf le loyer, loin d'être bon marché dans la capitale surtout lorsqu'on est seule avec deux enfants, et à ces nouvelles grandes dépenses en perspective s'en ajoutent d'autres, urgentes, liées au besoin d'installation. "Il me fallait des meubles, explique-t-elle. Le magasin proposait d'acheter les meubles à crédit. Ca ne coutait que 55 euros par mois pendant 2 ans." Pas très difficile apriori... Mais quelques semaines plus tard, il faudra affronter la procédure de divorce. "Je travaillais, je n'avais pas droit à l'aide juridique, alors j'ai pris un autre crédit pour payer mon avocat." Les dettes s'accumulent et viennent se greffer aux dépenses de la vie quotidienne de plus en plus élevées. Loyer, facture de gaz et d'électricité plus élevées que prévu. Nathalie a de plus en plus de mal à boucler les fins de mois et contracte un troisième emprunt pour se permettre de souffler un petit peu. "Je passais toujours en négatif sur mon compte, je n'y arrivais plus." Le moment de répit accordé par le troisième prêt sera évidemment très court et le réveil n'en sera que plus douloureux. A la rentrée, il fallut bien se rendre à l'évidence. Nathalie était enfoncée jusqu'au cou dans la spirale du surendettement. "Au début je n'ai pas voulu aller voir le médiateur. J'avais honte, je ne voulais pas raconter mon histoire..." Mais Nathalie finira par passer la porte du bureau de Jan Willems qui lui proposera plusieurs solutions. Nathalie choisira une forme de tutelle, pour plus de sécurité. "Finalement j'ai ouvert un compte à mon nom, dont le CPAS a la gestion. Mon salaire est versé dessus. Le CPAS s'arrange directement avec mes créanciers et s'occupe de les rembourser. Trois fois par mois, ils me versent une somme pour mes dépenses quotidiennes. Avec ça je suis tranquille." 1200 euros par mois, voilà ce qu'elle reçoit pour vivre avec ses deux enfants en plein hiver. Dur à avaler, quand on travaille à plein temps. "Mais je suis contente. Avec cela je m'en sors et je n'ai plus de tracas. Mes dettes ne m'empoisonnent plus l'existence."

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