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Édito

Verhofstadt impose sa marque

Mis en ligne le 19/12/2007

Par Michel Konen

Finalement le bon sens semble, à l'heure d'écrire ces lignes, avoir pris le dessus. Empêtré dans les exclusives de Didier Reynders, Guy Verhofstadt a dû écouter, intégrer et imaginer des solutions. C'est dans ce domaine qu'il excelle.

Naturellement, la solution trouvée pour sortir de la crise est d'une nature tellement belge qu'elle défie toutes les analyses des politologues les plus avertis. C'est du "ex nihilo", comme on dit en langage savant, entendez du jamais vu dans l'histoire politique du pays.

Pour que cette solution se concrétise, il aura fallu plusieurs facteurs. A commencer par l'exaspération de Guy Verhofstadt lui-même devant l'attitude de Didier Reynders. Aussi par la conscience de chacun qu'un échec de Verhofstadt approfondirait la crise de manière irrémédiable. Enfin par les pressions conjointes du CD & V/NV-A et du PS pour voir le CDH participer de manière active à la future coalition.

Le MR se trouvait, de facto, acculé dans le coin. Certains commençaient à évoquer à mots couverts l'hypothèse d'un olivier côté francophone qui aurait mis les libéraux, pourtant vainqueurs des élections, dans l'opposition.

Il est vrai que la stratégie du président du MR devenait illisible. Son discours se concentrait sur le socio-économique, important, certes, mais où, qu'il le veuille ou non, il devra lâcher du lest alors que le vrai rendez-vous, celui qu'il importe de ne pas manquer, sera celui de la réforme institutionnelle.

Il importe donc, pour l'avenir de la communauté Wallonie-Bruxelles, que Didier Reynders intègre cette nécessité forte de rassembler les francophones pour définir un vivre ensemble commun. Les électeurs lui ont accordé la faveur d'en faire le premier parti de Wallonie. Il doit s'en montrer digne et conduire, sans jeux partisans médiocres, les Wallons et Bruxellois vers un destin partagé. Gagner les élections ne lui donne pas tous les droits et surtout pas celui de mépriser ses indispensables partenaires. On peut le déplorer, mais le système électoral est ce qu'il est. Etre le premier parti ne dispense pas de devoir négocier avec ceux qui sont nécessaires à constituer une majorité.

L'heure n'est pas à la division. Elle est au rassemblement, c'est ce dont Didier Reynders doit se persuader. Il faut, maintenant, qu'il assume ce rôle. Sans ambigüi !

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