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Débat
Leterme I : vers un vrai gouvernement ?
Stéphanie Carion
Mis en ligne le 16/03/2008
Si tout va bien, jeudi, Yves Leterme prendra les commandes. En attendant, le futur Premier ministre doit boucler le programme de son nouveau gouvernement. Les négociations vont-elles aboutir ? Qu’en est-il de la Réforme fiscale ou encore des vols de nuit à l’aéroport national ? Ce sont les questions relevées ce midi dans « Mise au point » sur la RTBF.
Tous les intervenants présents sur le plateau de « Mise au point » considèrent qu’il est essentiel de se concentrer sur les problèmes des gens. Ils se disent majoritairement positifs quant à l’aboutissement des négociations. Rik Daems relève un point évident, c’est que les négociateurs ont réussi à trancher sur des dossiers difficiles. « Cela prouve que l’on est tout à fait capable de décider tous les cinq. Ce qui compte pour y arriver, c’est de ne pas se pencher sur les petits détails, mais plutôt sur ce qui pourrait nous unir. En 48h, nous n’avons plus le temps. Ce qui ne veut pas dire que l’accord de gouvernement ne sera pas complet. »Du côté du CDH, Benoît Cerexhe regrette que les politiciens ne soient pas capables de sortir d’un climat de campagne électorale. « On doit construire le gouvernement ensemble. Il faut se respecter et rétablir un climat de confiance. Et surtout, ne pas répondre par le mépris. », explique-t-il. Carl Devlies est assez positif. Pour lui, des solutions devraient naitre. Olivier Chastel critique la « méthode Leterme ». « J’ai le sentiment qu’on revit ici ce qu’on a vécu l’été dernier. Reporter en fin de négociation ce qui pose problème n’est pas une solution. La méthode de M. Verhofstadt était meilleure et on avançait. Mais, je suis persuadé que nous allons trouver un accord et que jeudi prochain, nous aurons un gouvernement Leterme 1er ». Isabelle Durant est bien consciente de ne pas être apte à juger de la méthode utilisée. Cependant, la co-présidente d’Ecolo ne cache pas ses craintes de rester dans un gouvernement provisoire. « Nous aurons un accord cadre et puis le 2e paquet viendra après… »Pour elle, le climat détestable dans lequel la politique est plongée crée une certaine lassitude chez le citoyen. « C’est une véritable bombe à retardement démocratique. Le problème, c’est toujours ce que les gens voient. Et ce qu’ils voient, ce sont des bagarres incessantes », ajoute-t-elle. Du côté de Groen, Meyrem Almaci estime qu’il est impossible d’arriver à un accord sans projet commun.
Les vols de nuit
Les intervenants sont tous d’accord. Il est important de trouver une solution pour régler l’épineuse question des vols de nuit. C’est plutôt sur la méthode utilisée par Yves Leterme que les avis divergent. Pour rappel, le ministre des Transports souhaite supprimer les vols entre minuit et 4h du matin à l’aéroport national. Ce qui a le don de fâcher la compagnie DHL. Benoît Cerexhe déplore le fait que les Bruxellois n’ont pas été consultés. « Il faut, par contre, voir cette proposition comme une avancée positive dans le dossier des vols de nuits. Mais, il est important de trouver un équilibre entre le développement économique et la qualité de vie des riverains. Il faut également savoir qu’elles sont les routes à utiliser. » Olivier Chastel approuve. D’après lui, une consultation avec la région de Bruxelles-Capitale aurait du se tenir. « Même si l’initiative est intéressante, je ne trouve pas cela très malin de le faire en pleine négociation gouvernementale. », ajoute-t-il. Pour Isabelle Durant, la proposition d’Yves Leterme est autrement meilleure que ce qui a été réalisé par ces deux prédécesseurs. Jean-Marie De Decker, lui, ne voit pas les choses de la même manière. « Ce sont à nouveau des cacahouètes ! Il y aura toujours des nuisances. Ce que je propose, c’est le survol de Bruxelles. Vous avez déjà entendu dire que dans de grandes villes comme Londres des avions se seraient un jour écrasés ? Eh bien voilà, moi je suis pour le survol de Bruxelles ».
La Réforme fiscale, qui doit en bénéficier ?
Le débat s’est surtout déroulé entre Olivier Chastel et Christian Dupont. Du côté du premier, la réforme fiscale, c’est le meilleur moyen de doper le pouvoir d’achat. Il opte pour que celle-ci touche les personnes qui gagnent jusqu’à 4000-5000 euros brut. Pour Christian Dupont, il est d’abord question d’atteindre les bas et moyen revenus (max 2000-3000 brut). Il insiste sur le fait que le budget de l’Etat n’est pas extensible. Sur-ce, Olivier Chastel lui répond que le MR n’a jamais parlé de réaliser la réforme fiscale sur une année. Au CDH, on se range plutôt du côté de Christian Dupont. Benoît Cerexhe est d’avis qu’il faut d’abord donner à ceux qui en ont le plus besoin. « Moi aussi je voudrais pouvoir donner à tout le monde, explique-t-il, Mais les moyens ne sont malheureusement pas infinis. » Carl Devlies propose de limiter l’impôt. C’est une mesure qui, d’après lui, profitera surtout aux plus petits salaires car ils auront plus d’argent dans leur poche. Isabelle Durant et Christian Dupont sont d’accord sur un point : pour eux, il est important de se concentrer sur la manière dont vivent les gens (par exemple : surveiller la hausse des prix). « Que les gens mettent un peu d’argent en poche est une chose. Mais il faut que cet argent ne ressorte pas directement dans le caddie. », explique le ministre des pensions.
Savoir Plus
Le président du FDF, Olivier Maingain, ne sera ni ministre ni secrétaire d'Etat dans le gouvernement Leterme 1er, a-t-il indiqué lors des émissions dominicales à la RTBF.
M. Maingain a dit qu'il n'était pas candidat à un poste de ministre ou de secrétaire d'Etat. Et d'expliquer qu'il a pris des engagements à l'égard des électeurs qui lui ont fait confiance à Woluwe-Saint-Lambert et qu'il entend les respecter. Il veut aussi rester à la tête du FDF et se réserver pour la négociation institutionnelle qui s'annonce.
M. Maingain a ajouté qu'il avait toutefois reçu les assurances du président du MR, Didier Reynders, qu'il y aurait une place pour un FDF dans le prochain gouvernement.
Le président du FDF a encore rappelé qu'une des conditions du MR qui conditionne son vote d'une réforme de l'Etat est la nomination des trois bourgmestres de la périphérie bruxelloise (Wezembeek-Opem, Linkebeek et Craainhem) dont la désignation a été refusée par le ministre flamand des Affaires intérieures, Marino Keulen. "Le ministre Keulen a lancé un nouvel appel à candidature pour les postes de bourgmestres de ces communes. Nous allons représenter les mêmes personnes. Nous donnons ainsi une deuxième chance au gouvernement flamand de montrer sa bonne volonté", a dit M. Maingain.
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