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BHV

Tic-tac, tic-tac,... Boum ?

M.Bu. et V.d.W.

Mis en ligne le 07/05/2008

Le CD & V/N-VA veut forcer le vote sur la scission de BHV jeudi à la Chambre. Un Premier ministre à la dérive entre sa famille politique et des francophones de plus en plus remontés. Qui peut (encore) sauver ce gouvernement en perdition ?

Le SMS est parti du téléphone portable du vice-Premier Didier Reynders en pleine conférence des présidents, mardi matin : "Je ne comprends pas, c'est ton propre chef de groupe qui demande la mise à l'ordre du jour de la séance plénière de jeudi du vote sur BHV. Ça va compliquer les choses." Destinataire ? Le Blackberry du Premier ministre Leterme en visite auprès de la chancelière allemande...

C'est que le chef de groupe du CD & V/N-VA à la Chambre, Servais Verherstraeten, a pris tout le monde de court en conférence des présidents de la Chambre - là où se décidait l'agenda de la séance plénière de jeudi. "Avant même que l'extrême droite flamande ait pu faire son cinéma, raconte un participant, et avant même que le président de la Chambre ait dit quoi que ce soit, le CD & V/N-VA a exigé qu'on vote sur la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde ce jeudi." Francophones et Flamands se sont quittés sur un désaccord et, donc, la mise à l'ordre du jour de la proposition de loi flamande devrait être soumise au vote des députés dès jeudi.

Les partis de la pentapartite ont néanmoins pu liquider la plénière de mercredi - c'est toujours ça de pris comme sursis. Et le gouvernement a proposé, via Reynders, de débuter la séance de jeudi par le vote de la loi-programme avant les travaux budgétaires. Histoire de gagner du temps pour BHV. Peine perdue : mardi après-midi, Van Rompuy a fait publier l'agenda parlementaire sans y inscrire la discussion sur la loi-programme. "Nous sommes le dos au mur à cause des hésitations des francophones, se défend-on en haut lieu au sein du cartel CD & V/N-VA, sans procédure de conflit d'intérêt, il y aura un vote jeudi à la Chambre". "Espérons que, d'ici là, ose Servais Verherstraeten, nous aurons une autre solution." A voir.

"Sauver la face"

Dans la soirée, de retour sur le tarmac belgo-belge après son raid berlinois, Leterme a convoqué, à la résidence du Lambermont, une réunion avec quelques "huiles" de son cartel afin d'étudier les pistes d'atterrissage possibles. En trente minutes, l'affaire était pliée : rien n'a changé, le cartel CD & V/N-VA veut (toujours) voter la scission de BHV. Un Conseil des ministres restreint tournant autour de cette bombe à retardement se réunira ce mercredi matin.

Mais lundi soir, déjà, Leterme avait convoqué les pontes de sa majorité pour avancer sur BHV. "C'était un bordel total", commente un participant.

- Elio Di Rupo a martelé qu'il n'avait jamais été prévu d'enchainer les procédures en "conflit d'intérêt" pour retarder le vote flamand : "On ne se rendait pas compte que ça vous posait un problème", a balancé le président du PS aux responsables du cartel et de l'Open VLD.

- Le diner est servi (sur le pouce), l'hôte du jour est Jo Vandeurzen. L'armada du cartel est au grand complet : Yves Leterme, Bart De Wever, Herman Van Rompuy, Jo Vandeurzen et Wouter Beke.

- Pas le temps de digérer. Le président de la Chambre Herman Van Rompuy est chargé d'expliquer les procédures de retardement possibles pour le vote de jeudi. Par exemple, l'introduction d'amendements francophones à la proposition de loi puis le renvoi vers le Conseil d'Etat. "Si on veut sauver la face des deux côtés, dit Van Rompuy, ça pourrait être une solution." Les francophones ont calé net. "Ils étaient méprisants", assure un Flamand. Un francophone : "Ce n'est pas aux Flamands de nous dire ce qu'on doit faire."

- Puis, Patrick Dewael (Open VLD) est entré dans la danse. En proposant que le Premier ministre fasse "une déclaration" et prenne position clairement contre un vote unilatéral flamand. Ensuite a poursuivi Dewael, "les francophones pourraient déclencher une procédure en conflit d'intérêt".

- Là, c'est le cartel qui a dit " nee". Le Premier ministre n'a pas pipé mot; la séance a été suspendue. Ses quatre collègues de parti se sont absentés une demi-heure. Et sont revenus en se déclarant "hostiles" à cette proposition. "C'était un piège des libéraux flamands, analyse-t-on au cartel, après-coup. Ils rêvent de mettre le Premier ministre en porte-à-faux avec son propre parti."

The End ?

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