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Édito

Champagne et trompettes

Par Francis van de Woestyne

Mis en ligne le 23/09/2008

Par Francis van de Woestyne

Pourquoi le cacher ? On n'est pas mécontent de la tournure des évènements. On attendra encore un peu avant de sortir le champagne du frigo. Mais apriori, que le CD&V ait posé, pour une fois depuis longtemps, un geste responsable et qu'il se soit, pour une fois, distancié de la dérive nationaliste dans laquelle la N-VA tentait de l'attirer depuis 4 ans, on ne va pas le regretter. Car depuis le lendemain des élections de juin 2007, s'il est bien un parti qui empêche tout accord institutionnel négocié et équilibré, c'est la N-VA. Un parti, c'est son droit mais c'est regrettable, dont l'envergure intellectuelle s'arrête aux frontières étroites de la Flandre.

Pour autant, il faut rester prudent. Car il n'est pas encore certain que le cartel CD&V-N-VA soit bien mort. Dans les déclarations des leaders des deux partis, on continue de maintenir une certaine ambigüi. Certes, il semble impossible de maintenir un cartel avec un parti dans la majorité et l'autre dans l'opposition. Mais le CD&V hésite toujours à quitter son allié car la perte électorale pourrait être dramatique. D'autant que, au train où vont les choses, il n'est pas sûr que l'électeur flamand se montrera très reconnaissant à l'égard du CD&V, un parti qui contribue plus à paralyser la vie politique qu'à la rendre vivante. Perdant sa crédibilité communautaire, le CD&V est aussi en difficulté sur le socio-économique. Que lui reste-t-il ? Des hommes, Kris Peeters et Yves Leterme, qui ont montré leurs faiblesses et leurs limites quotidiennes.

Même avec toutes les tares qu'on leur connait (sens politique peu développé, hésitations, manque de clarté et de fermeté) on peut quand même leur rendre cette justice : en privilégiant la survie des gouvernements, ils ont évité une crise profonde qui aurait été dramatique pour le pays et sa crédibilité déjà très entamée au niveau international.

Enfin, quand on réécrira l'histoire, on s'interrogera certainement sur l'enchainement des faits politiques de ces derniers jours. Au MR, on a, à nouveau, sorti les trompettes pour acclamer celui qui a tout déclenché : Didier Reynders, le tueur du cartel. Sans doute sa sortie en solitaire, vendredi, dès le dépôt du rapport des médiateurs - même si elle n'a pas plu à ses collègues francophones - a-t-elle précipité les évènements en Flandre. Mais la modestie - vertu rare en politique - commande d'écrire que cette déclaration libérale était plus destinée à démontrer que le meilleur défenseur des francophones est et reste le MR qu'à précipiter le cartel dans les ténèbres. Le dégât collatéral est en l'occurrence plus important que le bénéfice initial recherché.

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