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crise politique
La piste Dehaene s'embroussaille
P.P.
Mis en ligne le 26/12/2008
Pour Noël, c'est sûr, c'est raté. Pour le Nouvel An alors ? Ou plutôt, déjà, pour l'Epiphanie... En dépit des objurgations royales pour aller vite, que tous disent partager, on ne trouvait personne ces dernières heures, entre deux bouchées de buche, pour supputer encore le délai d'accouchement du gouvernement successeur de l'équipe Leterme.
Ou on se trompe fort, ou on n'avance guère. Ce n'est pas que l'explorateur... n'explore pas, hormis quelques moments de trêve hier. Mais on l'a dit assez dès son entame, la mission confiée à Wilfried Martens indique combien l'on est passé d'un scénario de crise léger à lourd.
Mercredi, le Premier ministre des années 80 a comme prévu rencontré les présidents de l'opposition (hors Vlaams Belang et FN) avant de remettre au Roi un rapport intermédiaire. Lequel qualificatif, pour toute info officielle, montre assez que la mission n'est pas terminée.
On ignore tout dudit rapport, mais on peut deviner qu'il ne peut pas faire l'économie de trois questions. Dont l'addition s'avère corsée.
Qui, au Seize ? C'est donc faute d'une réponse émergeant naturellement, par consensus, à cette première question que la chute du gouvernement ne peut pas être résolue d'une pichenette. L'hypothèse n'était pourtant pas sotte, à considérer la démission d'Yves Leterme moins comme une chute collective que comme un problème individuel. Il en est d'ailleurs resté quelque chose, puisque le CD&V a gardé jusqu'ici la main sur l'opération, en ne la tendant guère aux autres ex-coalisés. Mais c'est en butant sur ses propres coins et recoins.
Donc, quel possible Premier ministre CD&V ? A écarter M. Leterme (atomisé), Herman Van Rompuy (qui décidément n'en veut pas), Marianne Thyssen (qui a du tempérament mais pas encore de notoriété), Mme Vervotte (fort novice) ou Kris Peeters (aujourd'hui "trop régional"), on croise vite Jean-Luc Dehaene. Dont les positions sont difficiles, et se compliquent, à deux titres.
D'abord, l'Open VLD s'en méfie, à l'imaginer remonter en puissance à l'approche des élections européennes contre son "sauveur de retour" à lui, Guy Verhofstadt. Surtout, on l'a expliqué déjà, la famille libérale, devenue la première du pays, voit derrière Dehaene un scénario dont il serait l'indice, sinon le porteur : celui de vouloir l'écarter durablement du pouvoir après un scrutin anticipé en juin.
Quelle coalition ? L'ouverture récente manifestée par le SP.A - sinon sa volte-face -, et répétée mercredi par sa présidente Caroline Genez, a nourri l'hypothèse. Plaident aussi pour une nouvelle majorité, l'état hétéroclite de la pentapartite sortante et l'absence de majorité dans le groupe linguistique flamand. Plaident contre, les indications électorales du 10 juin 2007. Certains prétendent aussi que "le climat s'était rasséréné" au défunt gouvernement. On a même vu, mercredi à la Chambre, que la majorité s'était accordée contre l'opposition pour ne pas se précipiter dans la création de la commission d'enquête dite Fortis.
Quel échéancier ? Remanié ou recomposé, quelle durée assigner au nouveau gouvernement ? Dans chaque famille, la réponse varie singulièrement. Sans certifier que les déclarations correspondent toujours aux volontés, on constate qu'Open VLD, SP.A et Groen ! sont pour des fédérales anticipées en juin, couplées avec le scrutin régional et européen; que MR et PS s'y opposent; que CDH et Ecolo ne se prononcent pas. Quant au CD&V, partagé, on l'entend majoritairement contre un scrutin anticipé, ce en quoi il s'oppose... à M. Dehaene. A moins que celui-ci ne parle que pour lui. On l'imaginerait alors Premier ministre intérimaire d'un exécutif qui lui survivrait, exactement comme le fit Guy Verhofstadt voilà pile un an.
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