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Édito

Yes, he can

Mis en ligne le 30/12/2008

Par Francis Van de Woestyne

Dans un monde où, franchement, peu d’évènements prêtent vraiment à sourire ou à se réjouir, la prochaine désignation d’Herman Van Rompuy à la tête du gouvernement peut apporter aux Belges un véritable motif de satisfaction. Pourquoi?

Qu’il ait fallu le convaincre, le pousser, le persuader d’accepter cette mission n’a rien de choquant. Il est évident que la fonction dont le Roi le chargera sans doute officiellement ce 29décembre n’a rien d’une sinécure. Rarement, cette tâche aura été à ce point périlleuse. Et l’homme, il ne s’en est jamais caché, a construit un équilibre personnel qui ne place pas nécessairement sa fonction politique au premier rang de ses préoccupations. Il écrit beaucoup (il a publié huit livres), lit énormément et entend consacrer du temps à sa famille, à ses amis, à ses promenades au Coq, à la méditation, aux voyages où sa femme aime l’entrainer Voilà au moins un homme qui n’est pas dévoré par l’ambition. Evidemment, on n’arrive pas au sommet de l’Etat sans en avoir une petite dose, quand même. Mais lui a su user de sa saine ambition avec parcimonie et efficacité.

Il est inexact de dire qu’il est devenu Premier ministre parce qu’Yves Leterme s’était bru les ailes, parce que Jo Vandeurzen était déprimé, parce que Jean-Luc Dehaene ne savait que faire de ses mandats d’administrateurs, parce que Wilfried Martens devait consacrer du temps à son épouse ou parce que Kris Peeters avait d’autres ambitions régionales. Le choix d’Herman Van Rompuy doit être un choix de raison et de cœur. De raison parce qu’il est, selon de nombreux observateurs, réellement capable de relever les défis qui s’offrent à lui.

Choix de cœur aussi parce que par sa vision, sa force de travail, sa finesse d’esprit, il peut offrir au pays et à ses différentes composantes régionales et communautaires un véritable avenir. Fédéraliste convaincu, il sait mieux que quiconque que le démantèlement du pays conduirait aussi à l’appauvrissement économique mais aussi culturel et social de chacune de ses Communautés.

Reste à espérer qu’il sera aidé, dans sa tâche, par son parti d’abord, prompt à sacrifier ses leaders et par les autres formations politiques. Chacun devra replacer en tête des préoccupations, non pas les enjeux préélectoraux, mais le véritable intérêt général.

Ce n’est pas gagné d’avance. Herman Van Rompuy n’a pas que des amis. Surtout dans son parti. Mais il pourra réussir là où Yves Leterme a échoué. Yes, he can.

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