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Bruxelles : Picqué forme

Christian Laporte

Mis en ligne le 19/06/2009

Le ministre-Président sortant est à la manœuvre à Bruxelles. Les négociations entrent dans le vif mercredi, autour du budget.

Il ne revendique certainement pas le titre, mais ne le rejette forcément pas non plus. C’est avec une casquette de formateur, adoubé peu auparavant dans cette fonction par les partis francophones qui ont opté pour un Olivier et par les partis néerlandophones enclins à former une Jamaïcaine - Bruxelles n’est-elle pas après tout la capitale du "half en half" ? - que Charles Picqué s’est présenté face à la presse après le premier tour de table avec les représentants des six partis appelés à composer le futur gouvernement régional.

Sans se fixer de "deadline", le ministre-Président actuel aimerait bien en finir pour le 10 juillet, question de mettre en place la nouvelle équipe pour la Fête nationale au plus tard. Pour ce faire, Charles Picqué, entouré de Philippe Moureaux (PS), Benoît Cerexhe (CDH), Christos Doulkeridis (Ecolo), Steven Vanackere (CD&V), Guy Vanhengel (Open VLD) et Bruno De Lille (Groen !) ont commencé par s’accorder sur une méthode et sur un agenda. En la matière, il n’y a guère d’alternatives : le premier tour de piste permet généralement de récolter les avis des différents acteurs régionaux, porte-parole de moult et éclectiques dimensions de la société plurielle bruxelloise.

Les interlocuteurs sociaux ouvrent le bal ce vendredi, mais Charles Picqué, qui installe ses pénates de formateur dans les locaux du parlement bruxellois, accueillera bien d’autres acteurs de la société civile jusqu’à mercredi prochain : les universités, les représentants des associations préoccupées par la défense de l’environnement, les opérateurs culturels et bien d’autres encore. Bref, tous ceux qui ont participé aux Etats généraux de Bruxelles à un titre ou un autre.

A noter aussi que les conclusions de ces Etats généraux seront également en bonne place parmi les mémorandums envoyés au formateur. Charles Picqué sera aussi attentif aux priorités des autres niveaux de pouvoirs, notamment pour l’enseignement (les Communautés) mais aussi pour les thématiques transrégionales (les autres Régions).

Mais pas question cependant de prolonger indéfiniment ces contacts-là, d’autant plus que l’on négocie quand même la poursuite - avec une pincée verte flamande en sus - de la majorité sortante. Dès le mercredi 24 juin, le formateur Picqué entouré de délégations de trois membres de chacun des six partis concernés se penchera sur le cadre budgétaire. Un exercice rendu nécessaire quand on sait que l’on estime déjà que les recettes pour 2009 seraient inférieures à celles de 2008 de quelque 200 millions d’euros.

Pire, d’aucuns n’hésitent pas à doubler ce déficit car Bruxelles connait pas mal d’arriérés de paiement. La dimension budgétaire marquera donc à l’évidence aussi les négociations gouvernementales bruxelloises, mais chaque parti peut toujours avancer ses priorités pour le non moins inévitable texte martyr qui lancera vraiment les pourparlers.

On sait que la majorité flamande est un peu étroite (9 élus sur 17), mais Charles Picqué a rappelé que ce fut aussi le cas dans le passé. Une certitude : il n’y aura pas deux programmes gouvernementaux parallèles. Les francophones et les néerlandophones se réuniront bien plus qu’à leur tour pour fixer des objectifs communs. Ce sera d’autant plus nécessaire que l’on déboulera tôt ou tard dans de nouvelles grandes négociations sur la réforme de l’Etat

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