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Édito

Ne pas baisser les yeux

Mis en ligne le 19/09/2009

Jean-Claude Matgen

Certes, les villes belges qui souffrent, de loin en loin, de flambées de violence urbaine ne vivent pas les mêmes affres que certaines banlieues françaises déstructurées et devenues d’effrayantes zones de non-droit. Molenbeek, Anderlecht, Forest, Borgerhout ou Droixhe n’ont rien à voir avec ces villes africaines ou américaines livrées aux gangs meurtriers ou aux émeutiers sauvages. Mais ce qui s’est passé ces récentes semaines dans plusieurs quartiers de la capitale n’est pas anecdotique.

Les incidents récurrents qui embrasent nos villes trahissent une précarité économique et sociale, un mal-être existentiel chez ceux qui y vivent et ressentent un sentiment d’exclusion souvent fondé. Il faut donc, plus que jamais, en dépit de la crise qui frappe notre pays, que les politiques s’attèlent à tout faire pour aider ces populations à sortir du marasme auquel elles semblent promises et qui est source de tensions et de violence.

Mais il s’agit aussi, afin de protéger la société, et au premier chef les habitants de ces quartiers à risques, principales victimes des débordements, de débarrasser ces chancres des trafiquants et des criminels qui y instrumentalisent les jeunes et entretiennent le désordre aux seules fins de poursuivre leurs activités mafieuses.

Il y a du lien social à retisser, mais aussi du civisme à réinjecter et de l’autorité à rétablir dans ces quartiers en déshérence. Les jeunes qui y vivent ont des circonstances atténuantes mais pas toutes les excuses. Il faut les aider, mais sans "baisser les yeux".

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