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débaptisation

"Des choix rationnels ou émotionnels"

Christian Laporte

Mis en ligne le 06/11/2009

Le porte-parole des évêques belges plaide pour une tolérance réciproque.
Entretien

P

our Eric de Beukelaer, une société adulte passe par des choix conscients, pas par des caricatures.

Considérez-vous les demandes de débaptisation comme des échecs pour l’Eglise ?

Cela dépend des raisons pour lesquelles on veut quitter l’Eglise. Il y a aussi le contexte : nous sommes toujours dans une société où beaucoup de parents entendent donner une éducation religieuse à leurs enfants. En même temps, on peut comprendre que, devenus adultes, certains se disent qu’ils ne peuvent plus faire leur ce choix-là. Rien à redire : cela fait pleinement partie aussi de la liberté religieuse, tout comme le choix de recommencer à cheminer dans l’Eglise catholique ou encore de demander le baptême. On ne parlera donc pas d’échec mais de choix où le rationnel et l’émotionnel peuvent se concurrencer.

Les prises de position papales seraient un baromètre des débaptisations…

Il y a des vagues dans ce sens mais certainement pas de vrais mouvements de foule. Dans les demandes qui me parviennent, je vois plutôt comme déterminants les choix de changer de culte ou d’Eglise. J’ai souvenance de personnes se convertissant à l’islam ou se rapprochant des évangéliques protestants, mais aussi d’autres qui deviennent Témoins de Jéhovah ou même Raélien !

Au fond, pas mal de fidèles espèrent encore changer l’institution de l’intérieur…

C’est différent. Je n’ai en tout cas jamais rencontré de chrétien convaincu qui veuille changer pour cette raison-là.

Pourquoi ne déplacerait-on pas le baptême à l’âge adulte ?

C’est une vision qui ne me parait pas très réaliste. Les anthropologues ont souligné l’importance des rites de passage en fonction des âges.

C’est ce qui explique que les laïques y accordent aussi une certaine importance…

C’est aussi une question de liberté. Lorsque je vais donner une conférence dans une Maison de la laïcité, il m’arrive de faire une comparaison qui choque parfois certains de mes interlocuteurs. Si la liberté de se détourner de la religion mérite le respect, il doit en aller de même si un jour, dans un environnement laïque, un fils annonce à ses parents qu’il veut entrer dans les ordres

Ou… se faire baptiser. A contrario du phénomène de la débaptisation, il y a les “entrants” ou les “recommençants”…

Ces dernières années, l’Eglise belge a fêté Pâques sous le signe du baptême des adultes. Un phénomène en expansion puisque, après 109 adultes baptisés l’an dernier, ils furent 140 à l’être en avril dernier un peu partout en Belgique. Un baptême qui a surtout touché les femmes et les jeunes. C’est Malines-Bruxelles qui en a accueilli le plus grand nombre avec 60 candidats catéchumènes. Le diocèse de Tournai suivait avec 39 demandes, puis Liège avec 17 demandes et enfin Namur avec 8 demandes. Elles furent moins importantes en Flandre avec à peine une vingtaine de demandes. Par contre, il y a eu moins de demandes pour des baptêmes de petits enfants.

La fin d’un certain christianisme sociologique ?

Les baptêmes adultes sont plus fréquents dans des régions qui ont déjà subi de plein front la sécularisation. C’est donc un signe de renouveau.

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