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Universités
L’ULB retourne aux sources
Christian Laporte
Mis en ligne le 18/11/2009
Tout au long de l’année académique, l’ULB célèbre de manière aussi éclectique que remarquable par la diversité de ses approches culturelles et sociétales, le 175e anniversaire de sa fondation.
Cette semaine est toutefois importante sur le plan symbolique : ce vendredi 20 novembre, jour de la Saint-V est "le" jour historique par excellence - nous reviendrons sur le passé de l’Alma Mater - mais, en outre, les dirigeants de l’ULB, l’Union des anciens étudiants et le Grand Orient de Belgique ont eu l’heureuse idée de monter une soirée de gala, lundi au palais des Beaux-Arts, autour des origines de l’Université libre de Belgique qui devint celle de Bruxelles en 1842
Une démarche plus qu’utile par les temps de grande méconnaissance de l’Histoire et de préjugés manichéens qui sont les nôtres. Ainsi, qui oserait encore avancer parmi les jeunes clampins qui fréquentent le Solbosch que le fondateur de l’ULB, Pierre-Théodore Verhaegen était un catholique bon teint qui allait à la messe tous les dimanches ?
C’était pourtant la réalité Certes, c’était un croyant très critique qui ne cachait pas son aversion pour le cléricalisme et pour une papauté pour le moins réactionnaire mais ce grand libéral, dans tous les sens du terme, se doublait d’un franc-maçon engagé qui a voulu se battre jusqu’au bout pour la liberté de l’enseignement.
Plutôt que d’écrire une pièce historique "sensu stricto", Dominique Jonckheere, ingénieur civil et compositeur à ses heures a rappelé en six tableaux et un épilogue intitulé sobrement "1834" le grand bouillonnement intellectuel de la Belgique entre 1828 et 1838 et surtout la partie d’échecs entre l’Eglise et la franc-maçonnerie qui l’une comme l’autre souhaitaient avoir "leur" université à côté de celles gérées par les Pays-Bas puis par la Belgique indépendante.
Un bel exercice historico-théâtral pour Jean-Marie Pétiniot et Didier Colfs, tantôt libéraux et maçons, tantôt prélats gantés de pourpre et de rouge, plus vrai que nature mais chaque fois brillants avec à leurs côtés, Laure Tourneur, à la fois Didascalie - qui aide les comédiens - et, surtout savante doctorante qui relie les évènements entre eux.
Une remise en perspective d’où il ressort que l’unionisme de 1828 n’était pas la tasse de thé de Verhaegen favorable au roi Guillaume. La naissance de la Belgique changea la donne mais il fallut tenir compte de la radicalisation de l’Eglise avec l’incendiaire encyclique "Mirari Vos" de Grégoire XVI qui condamna Lamennais, les sociétés secrètes où "comme dans un cloaque se mélangent toutes les ordures" et la Constitution belge. Suivirent les créations de l’Université libre catholique à Malines et celle de Belgique soutenue par les maçons et la ville de Bruxelles. L’Eglise belge répliqua en menaçant ses ouailles d’excommunication si elles ne quittaient pas la Loge L’ULB était née et entend toujours vaincre les ténèbres par la science 175 ans après !
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