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l'après van rompuy

Martens en facilitateur

V.d.W. et M. Bu.

Mis en ligne le 21/11/2009

Il aidera Yves Leterme à résoudre le dossier BHV, avant son installation.

Les présidents des cinq partis de la majorité ont les mêmes mots à la bouche : stabilité, continuité. C’est avec cette double idée en tête qu’ils vont gérer, avec l’aide du chef de l’Etat, les prochains jours. Des jours cruciaux.

Le Roi a donc entamé ses traditionnelles consultations en recevant les présidents de partis. Des présidents de partis qui se sont beaucoup téléphonés au cours de ces dernières 48 heures. Comment les choses vont-elles se dérouler ?

La nomination d’Yves Leterme en tant que Premier ministre devrait intervenir dans les prochains jours. Mais avant cela, les présidents de parti souhaiteraient débroussailler le dossier le plus délicat que le gouvernement aura à régler d’ici la fin de la législature : on veut évidemment parler de BHV, Bruxelles-Hal-Vilvorde. Pas encore réglé, cette affaire-là ? Non.

Quelle est la réflexion en cours ? Comme on le sait, la Cour constitutionnelle exige qu’avant les prochaines élections fédérales, on ait réglé l’anomalie de l’arrondissement électoral de BHV : toues les autres circonscriptions sont passés à la taille de leur province sauf celui du Brabant flamand. En attendant le règlement définitif, les partis pourraient s’entendre pour faire voter un petit bout de loi qui prévoirait le retour aux anciennes circonscriptions - uniquement pour les prochaines élections fédérales - de manière à éliminer la discrimination actuelle. C’est ce qu’il y a de plus simple et c’est ce qu’il y a de plus imparable sur le plan juridique. Est-ce politiquement tenable ? Pas sûr car ce que les partis flamands veulent, c’est bien la scission pure et simple, sans négociation de cet arrondissement. Ils ont de la constance dans les idées puisqu’ils réclament cela depuis plus de 40 ans. Et depuis autant d’années, les francophones s’y opposent.

Pour éviter qu’Yves Leterme ne bute à nouveau sur cette pierre, les partis souhaitent que le futur Premier ministre précise, dans le détail, avant même d’entrer en fonction, la manière dont il compte s’y prendre.

Yves Leterme en est-il capable ? Les présidents (pas tous ) de parti ont estimé que le plus simple était de confier cette question délicate à un expert. Il ne s’agirait pas d’un informateur mais d’une nouvelle espèce d’éclaireur, voire de facilitateur.

Inutile de tourner autour du pot. Il n’y avait pas dix personnes en Belgique capables de faire ce travail. Peut-être deux seulement : c’était Wilfried Martens ou Jean-Luc Dehaene. Jean-Luc Dehaene était toujours au Brésil. Et cet ancien bourgmestre de Vilvorde pouvait être juge et partie. C’est donc Martens qui a été choisi. Le Roi l’a chargé " d’accompagner une transition rapide et efficace. Il devra définir une procédure pour la négociation institutionnelle ".

Mais cette solution ne plait pas à tous les partenaires de la coalition. " Faire cela, c’est démonter qu’Yves Leterme est incapable d’être Premier ministre. Si Leterme ne se sent pas capable de revenir au "16", qu’il le dise tout de suite, avant d’y retourner et de replonger le pays dans un nouveau chaos d’ici quelques mois ", lâche un ministre influent. " Non, vraiment, cela ne va pas. Un Premier ministre qui ne s’occuperait pas des problèmes communautaires, cela ne ressemblerait à rien ", confie un autre. Trop tard. C’est fait

Wilfried Martens devra donc définir une procédure pour la négociation institutionnelle qui englobera la question du calendrier. Car entre ceux qui voudraient régler BHV tout de suite, ceux qui pensent qu’il serait sage de faire voter une loi avant que ne débute la présidence européenne, en juillet 2010 et ceux qui préfèrent se laisser vivre, argüant du fait qu’on ne risque rien sur le plan juridique puisque de toute manière, c’est le Parlement qui devra valider les prochaines élections Il y a un éventail de sensibilités.

Savoir Plus

Contacté jeudi soir

Wilfried Martens a été contacté dès jeudi soir et il lui a été demandé de venir au Palais, dit samedi matin dans un quotidien flamand, son épouse Miet Smet. M. Martens se trouvait alors en Vénétie (Italie). Lorsque l'ancien premier ministre a été contacté, Herman Van Rompuy venait d'être désigné pour occuper le poste de président du Conseil européen. Cela signifie, souligne le journal, que la présidente du CD&V Marianne Thyssen avait alors déjà préparé un scénario avec l'intervention de Wilfried Martens.

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