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Éducation

Le dialogue, assise de l’amour

Mis en ligne le 23/11/2009

Le dialogue n’est pas inscrit dans nos gênes, n’est pas une faculté innée.

Tout un chacun en conviendra sans hésitation : le plus important dans l’éducation et la vie, c’est l’amour éprouvé et donné par les parents, et le monde adulte en général, aux enfants dont ils ont la charge ou plus simplement côtoyés dans la vie. Hélas, le concept amour est très vague, même si déjà, il y a 2000 ans, l’apôtre Paul l’avait génialement défini dans le chapitre 13 de sa première épitre aux Corinthiens. Mais rétorquera-t-on surement, nous ne vivons plus à cette époque. Le monde a changé, évolué ou régressé selon les points de vue car la modernité n’a pas que des aspects positifs.

Dans une société du consumérisme, individualiste à outrance, le terme amour semble avoir perdu de son sens et ne constitue plus un fondement de l’existence, même si chacun aspire désespérément mais avidement à sa rencontre, à son envoutement. Tous nous désirons en être acteur et sujet, non seulement avec nos semblables, mais aussi, si pas surtout, avec nos enfants. L’amour n’est pas qu’un concept abstrait, un idéal de vie, une perfection à atteindre, mais peut et doit se vivre concrètement.

La première marche de l’amour, et donc du bonheur, c’est le dialogue. Hélas, le dialogue n’est pas inscrit dans nos gênes, n’est pas une faculté innée. Il appartient au domaine des apprentissages et donc de l’éducation. Tous nous avons dû apprendre, et devons parfois réapprendre, à dialoguer, car de nos jours, chacun branché sur son petit ego, nous en sommes de moins en moins aptes, fortement handicapés au point même de craindre l’autre, surtout celui qui diffère par la peau, la culture, la religion.

Alors ne tardons pas à initier nos bambins au dialogue. Cette initiation s’opère par l’exemple. Dès les premiers balbutiements, mettons-nous à son écoute, aidons le progressivement à emmagasiner un maximum de vocabulaire pour lui apprendre au fil du temps à énoncer et nuancer en premier lieu son ressenti, son vécu, ses émotions, ses désirs, ensuite ses concepts, ses idées et idéaux, ses projets. Ecouter avec compassion et parler avec son enfant le plus possible sont sans conteste les meilleures façons de lui apprendre à s’exprimer, à s’ouvrir au monde pas toujours tendre, à affronter la vie et ses aléas de joies et de peines, à prendre du recul et donc digérer les difficultés de l’existence.

Dialoguer avec un enfant implique surtout une écoute compassionnelle. Bien sûr, leur monde n’est plus vraiment le nôtre, leurs centres d’intérêts et de préoccupations fort éloignés de nos tracas, mais cela ne doit en aucun cas nous empêcher de nous y intéresser avec sincérité et conviction, de nous mettre à leur niveau et de les aider à exprimer leurs nœuds de vie. Notre exemple les incitera à nous imiter, à se mettre à l’écoute de leurs petits copains et de leurs parents.

Il est aussi important pour eux dans cette éducation au dialogue d’entendre leurs parents dialoguer entre eux, même s’ils ne comprennent pas toujours les tenants et aboutissants de ces échanges. De même, entendre les parents discuter avec compassion et tendresse avec d’autres adultes est pour eux une mine d’apprentissage et d’assurance. Les enfants non initiés au dialogue deviennent souvent impulsifs, voire violents, seule manière pour eux d’extérioriser et d’évacuer les frustrations et nous savons tous que les bévues mais aussi les joies et plaisirs de notre existence doivent s’évaporer de notre être d’une manière ou d’une autre : le sport, la colère, la gueulante, la dépression, l’alcoolisme ou le dialogue.

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