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Politique | Débat sur la déclaration gouvernementale de l’équipe Leterme

"La" priorité, c’est le socio-économique !

Christian Laporte

Mis en ligne le 28/11/2009

La Chambre a accordé la confiance au gouvernement par 82 voix contre 53. BHV a été évoqué par tous sauf par… le Premier ministre.

C’est le chef de groupe CDH, Christian Brotcorne qui a fait le constat : "Pour la première fois depuis longtemps un changement de Premier ministre est intervenu, non pas suite à une crise mais bien en raison d’un évènement heureux !" En l’occurrence, la désignation d’Herman Van Rompuy comme président du Conseil européen.

Le débat sur l’investiture de la nouvelle équipe, qui n’a somme toute connu que trois changements, n’en fut pas moins vif, vendredi à la Chambre, car l’opposition s’est montrée très pugnace. Dire que l’assemblée a fait le plein pour l’occasion serait prendre quelque licence avec la réalité : les groupes furent plutôt clairsemés mais on rendra au gouvernement l’hommage qui lui revient : le matin, il y avait tellement de ministres que certains ont eu quelque peine à trouver une place au premier rang.

Il n’y avait pas péril en la demeure pour eux : la majorité a visiblement resserré ses rangs après le début de semaine un peu flou et tous les porte-paroles des partis qui l’incarnent ont apporté sans réserve l’appui de leur formation à l’équipe (re)pilotée par Yves Leterme.

Avec un leitmotiv commun : il faut tenir "la ligne de la rigueur et du volontarisme pour continuer à lutter contre la crise économique et financière" (Thierry Giet, PS). Pour Daniel Bacquelaine (MR), il s’agit, en fait, de poursuivre le travail entamé car "l’attelage gouvernemental a fait face avec un talent souligné sur la scène internationale et tout récemment encore par le "Financial Times" aux turbulences bancaires et financières de ces derniers mois".

Du côté flamand, pas de doute : le CD&V est unanimement derrière Yves Leterme car, comme l’a souligné Servais Verherstraeten, le chef de groupe chrétien-démocrate, "en des temps incertains, les citoyens mais aussi les familles et les entrepreneurs ont un grand besoin de stabilité et de sécurité". "C’est pourquoi le gouvernement s’est déjà focalisé complètement sur la prise en mains de la crise économique, le maintien du pouvoir d’achat des ménages et la protection de l’emploi." Et d’ajouter que c’est d’autant plus nécessaire après les rumeurs ou, hélas, les nouvelles concernant de nouvelles et importantes réductions d’emplois.

Hilde Vautmans, au nom de l’Open VLD, a traduit cela plus simplement : "L’enjeu des prochains mois, c’est des emplois, des emplois et encore des emplois." Cela signifierait-il que le communautaire peut être mis sur le côté ? Certainement pas pour l’élue libérale, puisqu’"il est aussi temps de trouver une solution pour B-H-V".

Le chef de groupe du CD&V est allé un peu plus loin ici : "B-H-V est un très vieux problème qui est devenu plus aigu depuis l’arrêt de la Cour constitutionnelle en 2003. Il n’y a pas de responsabilité individuelle mais collective face à ce problème." Mais, a ajouté Servais Verherstraeten, "Jean-Luc Dehaene a accepté d’étudier une proposition de solution de fond pour le Premier ministre et les pré si dents de parti. Tous ceux qui disent encore aimer ce pays doivent faire en sorte que la mission de Dehaene puisse réussir".

Un avertissement à peine déguisé pour ceux qui tenteraient de faire croire que seuls les séparatistes tireraient profit d’une scission de B-H-V

Si Jan Jambon (N-VA), Jean-Marie Dedecker (LDD) et le Belang ont lourdement attaqué Yves Leterme sur ce point, les partis francophones ont montré qu’il y avait pour le moins des nuances entre eux. Si Christian Brotcorne (CDH) s’est simplement réjoui de la procédure mise en place, Thierry Giet (PS) a lui aussi insisté sur la nécessité d’un accord, "parce que nous ne voulons pas voir le pays sombrer dans le chaos et nous ne jouons pas sur la peur". Une pierre dans le jardin du MR, et plus encore du FDF. C’est ce qui a sans doute amené Daniel Bacquelaine à répliquer que "les droits fondamentaux ne se bradent et ne se monnaient pas".

Dans sa réponse, Yves Leterme a totalement ignoré cette musculation intra-francophone ; mieux : il n’a pipé mot de B-H-V, rappelant que les efforts gouvernementaux portaient des fruits puisque, selon Eurostat, la Belgique est parmi les pays à connaitre une moindre progression du chômage. Il a surtout invité les Belges à poursuivre l’effort aux côtés du gouvernement. Il faut croire que les excités du TAK ne connaissent pas la crise : au moment du vote quelques extrémistes ont jeté des papillons réclamant la scission de B-H-V, à la grande joie des élus N-VA et VB

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