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Société
Un bouddhisme belge fleurit
Christian Laporte
Mis en ligne le 19/12/2009
Depuis la loi du 24 juillet 2008, une dotation annuelle récurrente de 150000 euros est accordée à l’Union bouddhique belge qui a en outre été reconnue par un arrêté royal du 20 novembre 2008 comme l’unique interlocutrice en vue de la reconnaissance officielle du bouddhisme comme philosophie non confessionnelle dans nos contrées.
Autant dire que ce dernier est désormais dans la dernière ligne droite de son officialisation. C’est ce qui a amené l’UBB a franchir une étape supplémentaire en sondant les Belges sur leur perception et leurs attentes face à un courant spirituel que l’on ne peut ranger parmi les religions mais qui est aussi davantage qu’un courant non confessionnel. En fait, le principal défi de l’Union bouddhique est de fédérer les différents courants présents sur notre territoire. Avec en outre une cinquantaine de centres locaux d’étude et de pratique. Tout cela dans une transparence certaine, ce qui explique que l’UBB a voulu aller à la rencontre de la presse.
L’occasion aussi pour rappeler que le caractère très individuel mais pas individualiste pour autant des pratiquants du bouddhisme ne permet pas de recenser le nombre de sympathisants. Comme l’explique le président de l’UBB, Michel Depreay, "la porte de nos méditations est toujours largement ouverte et donc nous y accueillons aussi des chrétiens et des athées qui veulent faire un bout de chemin avec nous. A l’inverse, le bouddhiste n’a pas besoin de cadre, de paroisse pour l’entourer. S’il agit le plus souvent dans la discrétion, c’est parce qu’il est animé avant tout par le souci de venir en aide à ses concitoyens en difficulté, quelles que soient leurs convictions personnelles".
Reste qu’il y a des paramètres qui ne trompent pas : "Contrairement à ce qu’on entend parfois, l’intérêt des Belges pour le bouddhisme n’est pas lié à un phénomène de mode. Lorsque le Dalai Lama est venu pour la première fois en Belgique en 1990, quelques centaines de personnes se sont déplacées pour l’écouter. En 2006, 13000 personnes ont suivi ses enseignements au Sportpaleis d’Anvers et 5000 autres se sont rendus trois jours de suite à ses enseignements à Tour et Taxis. Ajoutons à cela l’attrait pour la dimension non-violente et la compassion du bouddhisme, auxquelles on joindra son attention pour la nature et de l’environnement."
Edel Maex, secrétaire général de l’UBB, rappelle que la bouddhisme ne connait nul prosélytisme : "Que ce soit en Asie, au Tibet, au Japon ou en Thailande, personne n’a jamais décrété que le bouddhisme devait s’implanter chez nous. Mais il a toujours été une réponse aux demandes et aux besoins des gens." C’est justement là que l’UBB entend renforcer sa crédibilité : il y a des demandes pour des conseillers moraux bouddhistes, mais l’Union n’entend nullement devenir un "Vatican du bouddhisme belge" ; c’est pourquoi, il s’efforce d’abord de coller aux faits.
En attendant, sur le terrain, des expériences sont lancées : à Lantin, une trentaine de détenus ont obtenu des cours de yoga ; à l’hôpital psychiatrique gantois de Saint-Jean de Dieu, le personnel est initié aux techniques de la pleine conscience et l’administration flamande envisage d’implanter une chambre de méditation dans un de ses bâtiments. Et l’on voit se multiplier les demandes pour des soins palliatifs bouddhistes
Un livre et un film font le point sur le bouddhisme en Belgique. Rens : UBB, rue Belliard, 203/4, 1040 Bruxelles, tél. 02/280.22.20; www.union-bopuddhique.be
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