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La semaine des quatre jours ? La FGTB se fait carboniser
V.R.
Mis en ligne le 08/01/2010
L’hiver ne refroidit pas la FGTB. Dans “Le Soir” de jeudi, la secrétaire générale du syndicat socialiste, Anne Demelenne, estime qu’il faut mettre en place un plan de relance offensif. Quatre axes. 1° Un nouveau plan pour l’emploi, en dopant notamment “les métiers liés au développement durable”. 2° La création d’une banque publique sur le modèle de la Société régionale d’investissement de Wallonie pour “irriguer le système économique”, 3° l’instauration de la semaine des quatre jours qui pourrait être financée en partie par la suppression du chômage économique et du crédit-temps et 4° le prélèvement d’une taxe sur les opérations boursières pour financer le plan de relance.
Il y a le contexte. Un nouvel accord interprofessionnel doit être négocié durant l’année. Et puis, il faudra bien que les interlocuteurs sociaux reparlent du délicat dossier sur l’harmonisation du statut ouvrier/employé, qui est en rade depuis la mi-décembre. Mais la sortie de la FGTB n’en a pas moins surpris. Elle n’était en tout cas pas concertée avec la CSC, l’autre grand syndicat. Ce dernier ne rejette pas les idées qui ont été avancées par son homologue socialiste. Mais y met des réserves ou à tout le moins des nuances. “On considère d’abord, souligne Claude Rolin, secrétaire général de la CSC, que certaines bonnes choses ont été mises sur pied par le gouvernement. C’est d’ailleurs ce qui explique pourquoi la situation est moins pire chez nous que dans beaucoup de pays européens. Il n’y a donc pas lieu de décider d’un nouveau plan de relance. Mais de l’amplifier. Au niveau belge, cela suppose de travailler sur l’alliance emploi-environnement. Le gouvernement fédéral devrait augmenter, dynamiser et cordonner ce qui est déjà mis en place dans les régions. Je pense notamment à des efforts en recherche et développement et de formation des travailleurs. En période de basse conjoncture, c’est le moment : beaucoup de personnes sont au chômage économique .” Des nuances entre les syndicats apparaissent dans les autres dossiers. Ainsi, pour la CSC, la banque publique, ce n’est pas la “panacée”. Pour Claude Rolin, “ce qu’il faut, c’est favoriser les activités bancaires orientées vers l’activité économique réelle. On doit instaurer des dispositifs qui pénalisent la spéculation. Ce n’est pas un problème d’argent. Mais plutôt un manque de confiance”.
Quand à la semaine des quatre jours de travail, la CSC la voit comme “un outil de réduction du temps de travail parmi d’autres”. Claude Rolin : “On n’habille pas tout le monde avec les mêmes vêtements. Il faut tenir compte de la réalité des secteurs, des entreprises. Les mesures de crédit-temps, le chômage économique, c’est important pour nous.”
Pour la CSC, l’espace de relance le plus pertinent, c’est l’Europe. “Les pays travaillent à la relance chacun de leur côté, poursuit Claude Rolin. Cela leur coute beaucoup d’argent. Mais cet argent va dans un puis sans fond.” Un sommet européen extraordinaire consacré à la crise économique est prévu le 11 février. La CSC soutiendra la proposition de la Confédération européenne des syndicats (CES) de financer la relance par une taxe sur les opérations boursières représentant 1 % du produit intérieur européen. La FGTB appuie à 100 %. “Il ne faut pas se leurrer, avance Anne Demelenne. Au niveau fédéral, il n’y a pas de moyens suffisants pour investir massivement dans le développement durable, créer des emplois dans les filières d’avenir. Il faudra bien aller chercher de l’argent autre part.”
Les employeurs, eux, ont vu rouge. “Si la diminution du temps de travail et la redistribution du travail, prônées depuis si longtemps déjà, constituaient effectivement une solution, nous ne serions pas confrontés à un taux d’emploi trop bas”, a affirmé jeudi la FEB. Et pour l’Union des classes moyennes, la semaine de quatre jours est “une idée farfelue”.
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