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entretien
"J’essaye de prendre du recul"
Mis en ligne le 09/01/2010
Comment qualifieriez-vous l’ambiance au sein du gouvernement ?
Je pense qu’on a vraiment bien démarré. En novembre, décembre, en prenant des décisions courageuses, en déminant les conflits d’intérêt, en prolongeant rapidement les mesures de crise dans les départements sociaux. Bart De Wever parle de notre immobilisme, je lui dis que c’est tout le contraire. Nous sommes dans l’action rapide et efficace. Et cela a un impact positif sur l’atmosphère.
Quand on a annoncé le départ de Van Rompuy, il y avait un certain scepticisme à votre encontre…
Oui, je sais.
Les sondages ne sont pas très positifs concernant votre retour au “16”…
Il parait que celui de "La Libre" est le meilleur
C’est vrai. Mais là, vous nous flattez… Avez-vous changé dans votre manière de travailler ? Vous paraissez moins stressé que lors de vos précédents passages au “16”… Vous n’avez pas encore commis de gaffes…
Les gaffes, ça ne va peut-être pas tarder (rires).
Etes-vous coaché par quelqu’un en particulier ? Y a-t-il un gourou derrière vous qui vous aide ?
(Rires). Mais non ! Je cherche un nouveau chef de cabinet à part ça. Vous connaissez quelqu’un de disponible ? (Rires). Je pense que chaque expérience forge un caractère. Il est vrai que j’ai beaucoup réfléchi après la démission de 2008. En regardant dans le rétroviseur, il y a certaines choses qui me confortent, sur d’autres points, en revanche, j’ai clairement senti que je devais travailler et m’améliorer.
Lesquels ?
L’approche des dossiers, par exemple. En 2008, je cherchais à m’occuper de tout, à tout savoir et chaque petit problème, je voulais m’y investir. Aujourd’hui, j’essaye de davantage hiérarchiser et déléguer. En outre, je m’occupe aujourd’hui très peu du parti et ça laisse de l’espace pour faire autre chose. Je pense aujourd’hui qu’il faut savoir prendre un peu de distance. Réagir tout de suite, dans l’instant, ce n’est pas toujours bon. Prendre un peu de recul, cela facilite une approche rationnelle des dossiers.
Est-ce que l’expérience et la manière de faire d’Herman Van Rompuy vous ont servi ?
J’ai constaté que les attentes et les demandes du monde médiatique et politique étaient parfois différentes de ce que j’estimais être la bonne approche.
Vous sembliez avoir des rapports parfois un peu tendus avec la sphère médiatique : cela semble s’être amélioré…
Mais cela, c’était un peu des caricatures. Je veux dire : dans un sens comme dans l’autre, quand on me dit aujourd’hui que j’ai absolument changé etc., je pense que la vérité se situe au milieu. Peut-être, n’étais-je pas aussi horrible et moche que cela auparavant et peut-être ne suis-je pas aussi bon que cela aujourd’hui
Certains anciens ministres, comme Philippe Maystadt ou Jean-Pol Poncelet, estiment que l’aspect médiatique et futile des choses a pris le pas sur le fond du message. Cette pression médiatique, comment la vivez-vous ?
Pour être honnête, je la sens moins qu’il y a un an ou deux ans. Mais je crois que c’est propre à toutes les démocraties occidentales.
La “peopleisation” de la vie politique ?
Je trouve qu’il faut parfois bien chercher pour trouver des articles de fond, souvent on verse dans le people, c’est vrai
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