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entretien

"Mes priorités pour 2010"

Mis en ligne le 09/01/2010

Quelles sont vos grandes priorités pour 2010 ?

Il y a trois gros dossiers qui s’imposent. La priorité absolue, c’est le socio-économique. C’est clair. Il faut poursuivre les réformes structurelles du marché de l’emploi et du travail. Deuxième grand chantier, les réformes des départements d’autorité. Je pense à la Justice, à la Défense, à la Fonction publique. J’accorde aussi beaucoup d’importance à la fraude sociale et fiscale. Il est important que les Belges puissent avoir la certitude qu’ils sont traités de manière équitable. Le troisième grand dossier sera, évidemment, la présidence européenne. Je voudrais une présidence rationnelle, orientée sur le fonctionnement des institutions européennes. Il faut surtout faire avancer le processus décisionnel des nouvelles institutions. L’Europe doit prouver qu’avec le Traité de Lisbonne, elle est en mesure de se concentrer sur ce qui concerne les gens. Nous devons nous concentrer sur le travail législatif au niveau européen.

Les perspectives économiques de la Belgique ne sont pas bonnes : le taux de chômage, le déficit et la dette battent à nouveau des records…

En matière de déficit : il faut utiliser les "plus", à savoir les conséquences de l’amélioration, très timide encore, de la conjoncture économique. Si le taux de croissance est, non pas de 0,4 % comme prévu, mais de 0,8 % voire de 1 %, le surplus de recettes nous aidera. Mais il ne faut pas mettre en danger le regain de confiance des consommateurs et des investisseurs. Il ne faut pas imposer de nouveaux impôts ou faire des coupes dans la sécurité sociale. Il faut répondre aux préoccupations de la Commission européenne qui souhaite un assainissement plus rapide. Mais dans notre réponse, nous n’allons pas mettre en danger la politique budgétaire telle qu’elle a été définie.

Donc le programme gouvernemental, c’est 3 % de déficit en 2013 et équilibre en 2015 ?

Oui. Mais si on peut faire mieux, on le fera.

Est-il envisageable de prolonger au-delà du 30 juin 2010, les mesures de soutien à l’emploi ?

On a déjà prolongé jusqu’en juin. On a déjà investi énormément dans le marché du travail : la baisse des charges des charges en 2010 représente 1 milliard d’euros ! C’est considérable.

Il n’empêche : pour un homme qui aime investir “la goed bestuur”, les chiffres du budget et de l’emploi sont très inquiétants…

Moi, je veux être vigilant. Il ne faut pas retomber dans les pratiques de la fin des années 1970 et début 1980 en matière de déficit et de dettes, car on souffre encore aujourd’hui des décisions de ces années-là. Mais il faut aussi mettre cela en perspective. Si la dette frôle les 100 % du PIB, c’est aussi parce que nous avons beaucoup investi dans les banques (6 % de la dette, environ). Il faut aussi préciser que nous sommes en dessous de la moyenne européenne : 13 budgets sont en déficit supérieur au nôtre, 13 budgets sont en déficit inférieur. Au niveau de la dette cumulée, la moyenne européenne augmente, mais la nôtre augmente moins que la moyenne européenne. Notre politique budgétaire tient toujours la route. Mais il n’y a pas que le fédéral : il faut aussi surveiller les entités fédérées et les pouvoirs locaux pour lesquels les clignotants sont à l’orange.

La Belgique est-elle bien armée pour faire face au vieillissement de la population ? Le Fonds de vieillissement n’a plus été alimenté depuis trois ans…

Fonds de vieillissement ou surplus budgétaire, c’est la même chose Les gens ne doivent pas craindre pour leur pension. La meilleure garantie pour le payement à l’avenir et la durabilité de notre politique sociale, les pensions mais aussi la sécurité sociale, c’est évidemment l’augmentation de l’activité économique.

Le taux d’activité reste malheureusement très bas…

Oui, effectivement. Nous avons encore un taux d’emploi de 62 %. Il faut l’augmenter, surtout quand cela va mieux. Et il faut éviter de le mettre en péril quand cela va moins bien. Je constate avec satisfaction que les entreprises en difficulté font de moins en moins appel au système des prépensions. Parce que le cout est énorme. Les mesures emploi visant à garder le maximum de gens sur le marché du travail sont primordiales. Car il faut beaucoup plus d’argent pour ramener quelqu’un sur le marché du travail que pour le garder au travail.

Les Belges n’ont jamais autant épargné. Mais cet argent dort sur les carnets d’épargne. Par le passé, on a déjà mis au point des mesures pour inciter les gens à revenir en Bourse. Est-ce envisageable ?

Il faut d’abord essayer de restaurer la confiance. On ne peut pas, de manière artificielle, organiser des incitants de ce genre. Cela étant dit, il y a déjà des instruments, des fonds de pension qui permettent d’amener de l’argent vers les Bourses. Mais après ce qu’on a vécu, je comprends les réticences

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