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Politique | Polémique
Bon accueil flamand en sursis
Christian Laporte
Mis en ligne le 12/03/2010
C
es derniers jours, plusieurs séquences de journaux télévisés ont fait état de tracasseries rencontrées par des citoyens francophones dans leur volonté d’acquérir des maisons dans la périphérie bruxelloise mais aussi au littoral au point de voir annulées certaines opérations par des commissions d’évaluation provinciale.En cause : le caractère très restrictif d’un décret intitulé "Wonen in eigen streek" et qui s’adresse en particulier à 69 communes du nord du pays touchées par une forte hausse du marché immobilier local. Afin de ne pas se laisser "envahir" uniquement par des personnes à hauts revenus, ledit texte impose des conditions drastiques d’ancrage local telles le fait d’y habiter ou d’y disposer d’une résidence antérieure.
En même temps, on a vu rebondir ces derniers jours des dossiers de logements sociaux dans la périphérie bruxelloise et notamment à Vilvorde où la vente de tels immeubles a été liée à la réussite d’un test linguistique.
L’affaire a fait grand bruit d’autant plus que des élus flamands ont eux aussi haussé la voix. C’est ainsi que le député flamand et sénateur communautaire Groen ! Luckas Vander Taelen n’a pas hésité dans les colonnes du "Standaard" à comparer la Flandre à l’ancienne Union soviétique où les apparatchiks faisaient aussi la loi.
Face à la levée de boucliers, le gouvernement a décidé d’amender les décrets. Dans le premier cas, la ministre flamande de l’Habitat, Freya Van den Bossche a fait admettre que la mesure ne s’appliquerait plus qu’aux futures zones d’extension d’habitat alors que dans le cas de Vilvorde, elle a plaidé pour que l’on veille seulement à sonder les bonnes dispositions des candidats-acheteurs à s’adapter à la langue de la région.
Tout est bien qui finit bien ? Ce n’est pas l’avis du seul député francophone du Vlaams parlement. Pour Christian Van Eyken (UF), ces mesures ne règlent en aucune manière la double problématique à long terme.
Et c’est pourquoi il a décidé de maintenir la plainte qu’il a introduite auprès des instances européennes au début de cette semaine.
"J’avais déjà introduit un recours notamment avec le député fédéral Eric Libert à la Cour constitutionnelle; je suis bien décidé à poursuivre aussi au niveau européen parce qu’à mes yeux, il y a clairement une violation de certains principes fondamentaux. Car les décrets limitent la libre circulation des personnes et même le droit de propriété".
Pour Van Eyken, ce n’est certainement pas qu’un problème communautaire : "depuis que j’ai lancé la procédure, j’ai également enregistré une série de récri mi nations de citoyens néerlandophones. Avec souvent des conséquences importantes sur le plan professionnel ou financier".
Pour le député UF, le changement proposé par la ministre Van den Bossche ne résout pas la question qui se reposera à coup sûr, fût-ce sous la pression de la N-VA qui fait partie du gouvernement. Tout francophone qu’il soit, Christian Van Eyken se demande si les autorités flamandes se rendent bien compte des conséquences du décret notamment pour le tourisme au littoral. Et d’expliquer qu’il s’adresse donc à l’Europe "parce que le gouvernement flamand veut toujours apparaitre comme un bon élève de l’Europe mais il se fiche des règlementations " Par rapport à Vilvorde, s’il continue à plaider pour que les francophones ne négligent pas l’atout que peut être la connaissance du néerlandais, il ne peut admettre que sur le fond, les exigences linguistiques restent très élevées. Et quoi que dise la ministre, les communes ne vont certainement pas assouplir leurs règlements communaux
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