Abonnez-vous a La Libre Belgique

Social | Emploi

Le chômage divise la majorité

V.R.

Mis en ligne le 17/03/2010

Joëlle Milquet a présenté plusieurs mesures visant à réformer l’activation des chômeurs. Le MR, suivi par d’autres partenaires, est très critique.

Mardi après-midi, Joëlle Milquet est bien venue en commission des Affaires sociales. La ministre fédérale de l’Emploi avait annoncé qu’elle présenterait sa réforme du contrôle de disponibilité des chômeurs. Mais un doute subsistait. C’est que le dossier est sensible. Le matin même, sur la Première (RTBF radio), le ministre MR de la Coopération, Charles Michel s’était d’ailleurs étonné de la teneur de l’article de "La Libre" qui levait un coin du voile recouvrant la réforme projetée. " Il n’y a pas eu d’accord au gouvernement là-dessus ", avait-t-il lancé.

Or, devant les parlementaires, la ministre de l’Emploi a exposé une batterie de mesures qui ressemblait à s’y méprendre à ce qui se trouvait dans "La Libre" du jour. Onze des quinze mesures proposées étant même présentées comme ayant déjà bénéficié d’un consensus.

Parmi les propositions faites, on relèvera notamment la nouvelle articulation entre organismes régionaux de l’Emploi (VDAB pour la Flandre, Forem pour la Wallonie et Actiris pour Bruxelles) et Office national de l’Emploi. Il est proposé que les organismes régionaux reçoivent la compétence exclusive de conclure un contrat de réinsertion sur le marché du travail avec le demandeur d’emploi dès son inscription. Ce contrat devra établir avant le sixième mois de chômage si le demandeur d’emploi a moins de 25 ans et avant le douzième mois de chômage s’il a plus de 25 ans.

L’Onem sera chargé de contrôler si le demandeur d’emploi respecte bien le contrat conclu avec l’organisme régional. Et ce contrôle devrait intervenir plus tôt dès 2012 : après 12 mois pour les moins de 25 ans et après 18 mois pour les plus de 25 ans.

Autre grande innovation, Joëlle Milquet propose de suspendre pendant deux ans le contrôle de disponibilité des chômeurs pour les demandeurs d’emploi qui présentent des problèmes médicaux, mentaux, psychiques ou psychiatriques. Une procédure identique est envisagée pour les demandeurs d’emplois qui rencontrent " des problèmes importants de capacité de socialisation " - mais la ministre reconnait que cette catégorie doit recevoir une définition précise. Si, au terme de ces deux ans, le demandeur d’emploi est toujours jugé inapte au travail, il serait versé "dans un autre système de solidarité ", un système qui doit encore être créé et que Joëlle Milquet voit "quelque part entre le chômage, l’incapacité de travail et les soins de santé ".

Signe que le consensus au sein de la majorité est loin d’être établi, plusieurs parlementaires de la pentapartite ont descendu en flamme la note Milquet. Le plus dur fut Daniel Bacquelaine, chef du groupe MR. Sans entrer dans le détail de propositions dont il venait de prendre connaissance, il a déploré la persistance "d’un message destructeur" sans préciser s’il était délivré par les syndicats, la presse ou la ministre elle-même. " On entend dire qu’il faut être plus laxiste avec les chômeurs parce qu’avec la crise, il n’y a plus d’emploi , a-t-il dit. Ce n’est pas vrai. Il y a des métiers en pénurie. Pour nous, il faut au contraire intensifier les contrôles, les personnaliser et les faire intervenir plus rapidement ." Les représentants du VLD et du CD&V ont tenu des propos comparables. " Le ballon est à peine lâché qu’il est déjà canardé de toutes parts ", ironisait Hans Bonte (SP.A).

Joëlle Milquet a concédé qu’elle n’avait pas encore reçu d’accord formel de ses partenaires. Mais que l’accueil qu’ils avaient réservé jusqu’à présent à ses propositions était plus favorable que celui des parlementaires. Voilà qui devra cependant être vérifié dans les semaines à venir.

Autres Informations

Facebook

À ne pas manquer

ESSENTIELLE

Retrouvez toute l'actualité féminine, mode et bien-être sur le site essentielle.be

Voyages

Destinations exclusives et parcours culturels.

Emploi

Trouvez un job

Haut de page