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Eglises-Etat: l’autre approche
Christian Laporte
Mis en ligne le 18/03/2010
De la proposition de loi sur la séparation des églises et de l’Etat au plaidoyer de Denis Ducarme pour inscrire la laïcité dans la Constitution en passant par le débat récurrent sur le voile, le protocole officiel et...la nomination de Mgr Léonard à Malines-Bruxelles,l’actualité récente a mis plusieurs fois en avant la question des rapports entre le religieux et la politique en Belgique.
Un débat aussi vieux que le pays puisque le clivage philosophico-religieux remonte au moins à la fin de l’unionisme en 1846. Ces derniers temps, l’on avait surtout entendu des représentants de la vision laïque; ce qui ne signifie pas que les croyants ont abdiqué toute forme d’affirmation positive.
A preuve, la présence du sénateur CDH Francis Delpérée mardi soir au séminaire de Louvain-la-Neuve où il a été interpelé par les futurs clercs mais aussi par d’autres étudiants à l’initiative de l’abbé Eric de Beukelaer.
Autant savoir: "ce n’est pas parce que le C ne figure plus dans la dénomination du parti que les centristes humanistes ont écarté les valeurs chrétiennes, loin s’en faut!" Mais le constitutionnaliste a été clair en citant l’évangile de Matthieu et son"rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu". Mais le propos du Christ ne doit pas être mal interprété: "il ne signifie pas que le chrétien doit se désintéresser des affaires de la Cité ou qu’il doit abdiquer tout sens critique. Dans la culture du débat actuelle, il lui revient même d’être un citoyen responsable et participant. Et donc pas un mouton qui accepte volens nolens les commandements que la loi étatique lui impose".
Pour Francis Delpérée, "cela n’a pas de sens de dire que les affaires de l’Etat doivent être présentes dans l’espace public alors que les affaires religieuses devraient être confinées à la conscience individuelle ou aux lieux du culte. La religion fait donc bien partie de l’espace public comme la pensée, la science, la culture".
Il faut cependant nuancer l’approche et Delpérée appelle ici en renfort son collègue de Paris I Panthéon-Sorbonne, Jacques Robert qui a précisé que la séparation implique tout simplement que l’Eglise n’empiète pas sur l’Etat. Et inversement."
En fait, "plutôt que de parler de séparation, il faut plutôt promouvoir un principe de respect mutuel à partir duquel on peut déboucher sur un dialogue effectif".
Pour l’élu CDH, s’il est évident que l’Eglise ne peut plus s’immiscer dans les affaires de l’Etat, l’inverse n’est pas moins vrai. Et de décocher un double trait vengeur vers Laurette Onkelinx qui a cru devoir commenter le choix d’André Léonard comme archevêque et qui s’était déjà "fourvoyée" il y a quelques années lorsqu’elle avait préciser les conditions d’accès à l’Exécutif des musulmans.
Evoquant les divers cultes reconnus et la laïcité, le sénateur Delpérée a ensuite plaidé pour un réel dialogue avec l’Etat dans l’esprit de l’article 17 du traité de Lisbonne. Ce pourrait être une manière de dépassionnaliser quelque peu le débat actuel caractérisé "par un raidissement de la laïcité d’autant plus étonnant lorsqu’on compare la situation belge à la situation de la république laïque française"...
Francis Delpérée a dit qu’il était "outré" par "ceux qui feignant d’oublier le rôle social des religions font des comptages à la sortie des églises". Et d’étriller aussi au passage les campagnes de débaptisation qui ne visent qu’à minimiser la place des cultes, le jour où l’on rouvrira le débat sur le financement. Interpellé sur les signes distinctifs religieux, Francis Delpérée a plaidé pour une approche sereine qui n’en insiste pas moins sur le respect de la neutralité de l’Etat. "Donc pas de signes religieux mais pas davantage politiques ou même sportifs" a conclu le constitutionnaliste...Christian Laporte
De la proposition de loi sur la séparation des églises et de l’Etat au plaidoyer de Denis Ducarme pour inscrire la laïcité dans la Constitution en passant par le débat récurrent sur le voile, le protocole officiel et...la nomination de Mgr Léonard à Malines-Bruxelles,l’actualité récente a mis plusieurs fois en avant la question des rapports entre le religieux et la politique en Belgique.
Un débat aussi vieux que le pays puisque le clivage philosophico-religieux remonte au moins à la fin de l’unionisme en 1846. Ces derniers temps, l’on avait surtout entendu des représentants de la vision laïque; ce qui ne signifie pas que les croyants ont abdiqué toute forme d’affirmation positive.
A preuve, la présence du sénateur CDH Francis Delpérée mardi soir au séminaire de Louvain-la-Neuve où il a été interpelé par les futurs clercs mais aussi par d’autres étudiants à l’initiative de l’abbé Eric de Beukelaer.
Autant savoir: "ce n’est pas parce que le C ne figure plus dans la dénomination du parti que les centristes humanistes ont écarté les valeurs chrétiennes, loin s’en faut!" Mais le constitutionnaliste a été clair en citant l’évangile de Matthieu et son"rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu". Mais le propos du Christ ne doit pas être mal interprété: "il ne signifie pas que le chrétien doit se désintéresser des affaires de la Cité ou qu’il doit abdiquer tout sens critique. Dans la culture du débat actuelle, il lui revient même d’être un citoyen responsable et participant. Et donc pas un mouton qui accepte volens nolens les commandements que la loi étatique lui impose".
Pour Francis Delpérée, "cela n’a pas de sens de dire que les affaires de l’Etat doivent être présentes dans l’espace public alors que les affaires religieuses devraient être confinées à la conscience individuelle ou aux lieux du culte. La religion fait donc bien partie de l’espace public comme la pensée, la science, la culture".
Il faut cependant nuancer l’approche et Delpérée appelle ici en renfort son collègue de Paris I Panthéon-Sorbonne, Jacques Robert qui a précisé que la séparation implique tout simplement que l’Eglise n’empiète pas sur l’Etat. Et inversement."
En fait, "plutôt que de parler de séparation, il faut plutôt promouvoir un principe de respect mutuel à partir duquel on peut déboucher sur un dialogue effectif".
Pour l’élu CDH, s’il est évident que l’Eglise ne peut plus s’immiscer dans les affaires de l’Etat, l’inverse n’est pas moins vrai. Et de décocher un double trait vengeur vers Laurette Onkelinx qui a cru devoir commenter le choix d’André Léonard comme archevêque et qui s’était déjà "fourvoyée" il y a quelques années lorsqu’elle avait préciser les conditions d’accès à l’Exécutif des musulmans.
Evoquant les divers cultes reconnus et la laïcité, le sénateur Delpérée a ensuite plaidé pour un réel dialogue avec l’Etat dans l’esprit de l’article 17 du traité de Lisbonne. Ce pourrait être une manière de dépassionnaliser quelque peu le débat actuel caractérisé "par un raidissement de la laïcité d’autant plus étonnant lorsqu’on compare la situation belge à la situation de la république laïque française"...
Francis Delpérée a dit qu’il était "outré" par "ceux qui feignant d’oublier le rôle social des religions font des comptages à la sortie des églises". Et d’étriller aussi au passage les campagnes de débaptisation qui ne visent qu’à minimiser la place des cultes, le jour où l’on rouvrira le débat sur le financement. Interpellé sur les signes distinctifs religieux, Francis Delpérée a plaidé pour une approche sereine qui n’en insiste pas moins sur le respect de la neutralité de l’Etat. "Donc pas de signes religieux mais pas davantage politiques ou même sportifs" a conclu le constitutionnaliste...
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