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Charleroi bientôt deuxième aéroport national?
BELGA
Mis en ligne le 20/03/2010
L'aéroport de Charleroi ne doit plus seulement être une plate-forme régionale mais doit devenir le deuxième aéroport national, a expliqué samedi le ministre wallon en charge de la politique aéroportuaire, André Antoine, à l'occasion d'une visite rendue aux dirigeants de SAVE, la société italienne retenue en décembre 2008 pour entrer dans le capital de Brussels South Airport Charleroi (BSCA) en compagnie du Holding Communal. L'aéroport de Charleroi a connu en dix ans une croissance considérable.
A la fin de l'année, il prévoit de franchir le cap des 5 millions de passagers. Parallèlement, l'aéroport national de Brussels Airport a traversé quelques difficultés, en particulier lors de la faillite de la Sabena, et réclame aux compagnies aériennes des redevances plus onéreuses qu'à Charleroi. "Charleroi s'est beaucoup agrandi cette année et Zaventem a beaucoup souffert. Il est trop cher pour les services qu'il offre. Si on donne un service de qualité au juste prix, on peut croitre encore", a affirmé le président de SAVE, Enrico Marchi.
SAVE, qui gère déjà les aéroports de Trévise et de Venise en Italie, a commencé à démarcher de nombreuses compagnies aériennes pour les attirer sur le tarmac carolo, essentiellement occupé par Ryanair. Il veut ainsi cibler une clientèle d'affaires. "Il faudra modifier la perception qu'ont les passagers de Charleroi: pas seulement un aéroport low-cost mais aussi une bonne alternative à l'aéroport de Zaventem", a souligné M. Marchi. Il envisage également des vols intercontinentaux et dit avoir reçu des marques d'intérêt de la compagnie chinoise Hainan Airways, pourtant candidate malheureuse à l'entrée dans le capital de BSCA.
Aux yeux de M. Antoine, SAVE permettra à Charleroi de faire un "saut quantitatif et qualitatif", en diversifiant les destinations proposées, les compagnies aériennes basées sur l'aéroport mais aussi l'offre de services: restauration, parkings, commerces, etc. "Sur le plan commercial, nous devons faire mieux que ce qui se fait aujourd'hui à Charleroi. En voyant l'aéroport Marco Polo (aéroport de Venise), on comprend que l'avion devient l'accessoire des magasins", a-t-il fait remarquer.
Contrairement à l'aéroport de Trévise, encore très dépendant de la société irlandaise, Marco Polo n'accueille pas Ryanair et offre une gamme beaucoup plus étendue de compagnies aériennes. "C'est davantage ce modèle-là que nous recherchons. C'est pourquoi nous voulions d'abord trouver un partenaire industriel. Dans les offres que nous avions reçues, il y avait beaucoup de candidatures financières", a indiqué le ministre, tout en insistant sur les relations amicales qu'entretenait BSCA avec Ryanair.
La Région wallonne a ouvert le capital de BSCA à SAVE à concurrence de 27,89 pc. A terme, ce dernier pourrait monter jusqu'à 49 pc. Le groupe italien, coté à la bourse de Milan, gère deux aéroports en Italie ainsi que 103 gares ferroviaires. Charleroi constitue sa première expérience à l'étranger de gestion complète d'un aéroport. "C'est notre carte de visite à l'étranger pour une opération de ce genre", a encore dit M. Marchi.
Actuellement, BSCA ne dispose plus que d'un administrateur-délégué en titre. Sa désignation interviendra après un accord des deux parties. Jean-Jacques Cloquet remplit les fonctions de directeur général ad interim et Paulo Simioni, administrateur-délégué de SAVE, a pris en charge les aspects commerciaux. "C'est une formule économique qui a beaucoup d'avantages. Le croisement des expertises est particulièrement réussi", a simplement résumé M. Antoine.
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