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La sexsomnie, un syndrome qui reste méconnu

Laurence Dardenne

Mis en ligne le 30/03/2010

On évoque des causes d’origine psychiatrique ou neurologique, entre autres.

Si les troubles du comportement à caractère sexuel pendant le sommeil remontent vraisemblablement à la nuit des temps, ce n’est que depuis 2003 que la sexsomnie a été décrite, en tant que telle, dans la littérature scientifique internationale, essentiellement anglo-saxone. Et ce, de façon encore très limitée puisque l’on ne compterait que 11 articles sur le sujet, d’après le Dr Fabrice Jurysta, psychiatre, sexologue et responsable du Laboratoire du sommeil du service de psychatrie de l’hôpital Erasme.

De ce syndrome, dont on ignore toujours s’il peut ou non être rapproché du somnambulisme, on ne sait finalement pas encore grand-chose.

"On peut dire que ce trouble va de comportements simples, comme des gémissements (vocalisations), caresses, attouchements, masturbation, à des actes sexuels plus construits et explicites, avec pénétration, nous explique le spécialiste. On observe également que les hommes sont davantage concernés que les femmes dans une proportion de 1 pour 3 environ. A l’heure actuelle, on ignore toujours s’il existe une prédisposition génétique à ce trouble. Parmi les causes, on suggère les maladies neurologiques et psychiatriques. Parmi les facteurs déclenchants, on cite la prise de drogues, d’alcool, de certains psychotropes (benzodiazépines, essentiellement), mais aussi le manque de sommeil ou le stress, pour autant qu’il y ait une prédisposition. Entre autres caractéristiques communes aux patients souffrant de ce trouble, on retrouve des traumatismes pendant l’enfance."

De très faible incidence dans la population générale, ces comportements sont généralement ponctuels. "Qu’ils soient occasionnels ou réguliers, ils doivent amener à consulter un spécialiste en troubles du sommeil, nous dit encore le psychiatre, afin de pouvoir en déterminer la cause, qu’elle soit d’ordre neurologique ou psychiatrique, et ainsi trouver le traitement adéquat".

Pour ce qui est du cas d’espèce, on a appris que "les examens médicaux et les tests du sommeil ne mettaient pas en évidence un trouble de parasomnie (NdlR: comportements anormaux ou phénomènes physiologiques associés au sommeil) sans pour autant l’exclure". Au niveau clinique, le témoignage verbal de l’intéressé par rapport à son sommeil semblait compatible, selon les experts. Pour le Dr Jurysta, qui ne dispose pas des pièces du dossier, "le tribunal se positionne sur des faits et sur ce que les experts peuvent poser, en fonction des connaissances actuelles et des moyens de diagnostic dont ils disposent. Il convient donc de faire confiance à la décision qui est tombée, même si cela entrainera forcément une souffrance populaire, mais aussi dans le corps médical et judiciaire, car il s’agit d’un acte aux conséquences extrêmement lourdes, pénibles et très difficiles à vivre".

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