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Région wallonne

Pour qui, le logement social ?

P.P.

Mis en ligne le 13/07/2010

Droit au logement, mixité sociale, équilibre financier. Voilà trois objectifs qu’il est difficile de faire coïncider. Le débat est inépuisable, mais devra atterrir.

Des consultations sur le logement social et public en Wallonie ont été effectuées pendant des mois, et la synthèse des ateliers a donc atterri lundi en commission ad hoc du Parlement wallon (nos éditions de lundi). Sans surprise, il aura de nouveau été beaucoup question de mixité sociale, que les auteurs de la synthèse qualifient de "raisonnée". Alain Malherbe : "La mixité est nécessaire, mais à percevoir dans toute sa complexité. Mettre un riche à côté d’un pauvre, ça ne suffit pas".

En simplifiant beaucoup, c’est à deux niveaux au moins que sa nécessité et ses difficultés se font sentir.

D’abord, dans l’accès au logement. La législation permet de réserver ce type d’habitat pour deux tiers à des revenus précaires et pour un tiers à des revenus modestes. C’est, explique le second coauteur de la synthèse, Luc Laurent, dans la ligne de la conception "généraliste" du logement public, "à ouvrir à une population relativement large". Or, dans les faits, ce logement est devenu "résiduel", à héberger "quasi exclusivement" des personnes précarisées. Soit à rebours de la mixité sociale, pourtant indispensable pour lutter contre les problèmes de ghettoïsation et d’exclusion, mais aussi pour assurer les rentrées des sociétés de logement. Que faire ? Financièrement, la collectivité (la Région, en admettant qu’elle en ait encore les moyens) peut initier des formules palliatives (de type chèque logement) à la faiblesse du revenu moyen des locataires, mais pour la mixité, ça ne règle rien. Quant à attirer d’autres populations, si l’offre de logements adéquats ne suit pas, c’est risquer de renvoyer les plus faibles sur le marché locatif privé, inabordable ou dévoyé par des "marchands de sommeil"

L’enjeu est aussi territorial. Favoriser la mixité, c’est "implanter dans un même quartier des logements sociaux, moyens, intergénérationnels, interculturels, des constructions privées, et contribuer à la mise en œuvre d’une vie communautaire". Commentaire, hier, du député PS Claude Eerdekens : "La situation du logement social en Wallonie s’est améliorée, mais des problèmes de concentration persistent". Aussi, dans une commune qui compte 200 rues, il préfère, à un ensemble de 200 logements sociaux, "un logement social dans chaque rue"

Par-delà revient la question lancinante de la répartition des efforts entre sociétés et communes, et la pertinence de quotas de logements publics. "Sans être coercitifs, ils doivent être maintenus", pense M. Eerdekens, qui ajoute : "Il n’y a pas de raison, sauf une sorte d’obligation séculaire, à concentrer les logements publics dans les zones dont l’industrie a disparu. Pourquoi un locataire social n’aurait-il pas droit lui aussi à la campagne ?". Le député MR Jean-Luc Crucke n’écarte pas l’existence de "parti pris social", mais quand on dit que des communes n’en veulent pas, ce peut être "parce qu’il y a moins de besoins à certains endroits". Lui préconise de réfléchir les répartitions par bassins. "On peut y réfléchir, enchaine le ministre Ecolo Jean-Marc Nollet, mais à la condition que ça ne conduise pas des communes à se laver complètement les mains".

La suite à l’automne

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